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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 08:36

 

 Bonjour cher lecteur,

Vous avez comme nous entendu ces derniers temps nos officiels nous rassurer quant à la solidité de la dette française - c'est-à-dire la bonne réputation dont elle jouit auprès des investisseurs, en dépit des glapissements des agences de notations.

Ci-dessous un intéressant graphique (extrait du Daily Rekoning) qui nous montre ce qu'il en coûte actuellement pour s'assurer contre un défaut de paiement de dette souveraine à maturité 5 ans : les fameux CDS. Plus ils coûtent cher, plus l'émetteur de dette est considéré comme "à risque".

 CDS france

Comme on peut le voir, le "marché" ne semble pas vraiment partager l'optimisme de nos dirigeants - et il est bien plus sévère que les agences de notations, puisque, selon lui, le "triple A" français vaut beaucoup moins que, par exemple, le "triple B" colombien (et thaïlandais, et mexicain, etc.).

C'est... interpellant.

Robert Willard
le 12/12/11

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 21:12

Bonsoir, cher lecteur,

Yannick Noha, Mimi Mati et Zinédine Zidane sont les trois personnalités préférées des Français, paraît-il - c'est en tout cas ce que qu'affirme le JDD. Merveilleux. Qu'ils fassent donc un film : "Le Black, le Beur et la Naine", sûr que les réalisateurs des Intouchables seraient partant. Une épopée banlieusarde : la course après un gros stock de coke planqué par un dealer stupidement décédé (il a morflé un frigo sur la poire à la place d'un pompier lors d'une banale embuscade) - sur fond d'inégalités, misère sociale, émeutes et guerres de bandes rivales. La dope serait planquée dans une tombe de bébé mort-né au cimetière de Pantin. Seule la Naine pourrait s'y glisser pour la récupérer, mais, généreuse, elle partagerait avec le Black et le Beur. Ils revendraient la poudre à un mafieu russe déguisé en plombier polonais et grâce à l'argent ils monteraient une pizzeria au coeur de leur cité, qui marcherait le feu de Dieu. Ils se réconcilieraient avec la société et deviendraient des exemples respectés. La Naine n'aurait plus à se prostituer pour nourrir ses deux fils, Passe-Partout et Passe-Moi-Le-Sel. Ce serait social. Ce serait consensuel. Ce serait un carton au box-office.

Mais, allons ! Nous nous égarons ! L'Europe nous attend !

L'Europe, cher lecteur. Ce monument élevé à la gloire du dogmatisme le plus borné qu'ait vu le monde  -  devant le communisme. Car à y bien regarder les cocos ont compté beaucoup plus de canailles corrompues parmi leurs dirigeants, que de crétins convaincus : nous pensons que la proportion doit être inverse au sein de la clique de Bruxelles.

Quid du Sommet qui vient de s'achever, le Sommet "de la dernière chance", nous annonçait-on ?

C'est une "vraie avancée européenne" selon Michel Barnier - et il ne ment pas. Il aurait fait rire tout le monde en parlant de "vraie avancée", mais une "vraie avancée européenne", ça, personne ne peut en douter. L'Angleterre a dit "No !" (à plus de régulation financière), l'Allemagne a dit "Nein !" (à la monétisation de la dette) - mais on s'est entendu sur un renforcement de l'intégration budgétaire via de nouvelles modalités de sanctions, pour le moins nébuleuses, à l'encontre des pays ne respectant pas les fameux 3% (en part de PIB) de déficit.

C'est incontestablement une avancée. Européenne.

Mais écoutons François Baroin :

"C'est un sommet historique, [...] l'on ne se paie pas de mots en le disant. [...]Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont été à la hauteur du rendez-vous historique que cette crise leur a imposé. [...] [Le sommet de Bruxelles a répondu] point par point à toutes les problématiques, [à commencer par] les problèmes de gouvernance [de la zone euro].[...] [Il n'a pas été réuni] pour faire plaisir aux agences de notation ou aux institutions européennes. [...] Les politiques de réduction des déficits (publics) qui sont difficiles pour les populations  [visent d'abord à] protéger les contemporains et les générations qui suivent. "

Accordons à François que l'on trouve rarement, dans une même déclaration, autant de contre-vérités d'une telle pureté : on frise-là le 24 carats. L'homme est soit dans le déni à un degré pathologique, soit, plus probablement, il entend suivre le fameux conseil de Voltaire : "Mentez, mentez, il en restera toujours quelque-chose. Il faut mentir comme le diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours." ( lettre à Thiriot du 21 octobre 1736.)

Conseil dont nous verrions bien l'Union Européenne faire sa devise, en lettre d'or sur fond bleu, avec des petites étoiles autour.

Robert Willard
le 10/12/11

 

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 18:50

Bonsoir cher lecteur,

Nous n'iront pas quatre chemins : les Intouchables nous font chier. Vigoureusement.

Et ce, sans que nous ayions vu le film.

Mais tout y est si bien réuni pour nous en garantir la détestation !

Omar, qui nous épuise à faire de sa négritude son fonds de commerce ; le personnage joué par Omar : le mythique voyou au grand coeur, par qui l'on entend nous faire oublier tous les autres voyous voleurs, tabasseurs, casseurs, emmerdeurs, qui pourrissent tant et tant de vies (de gens, il est vrai, "valides", donc sans intérêt dramatique) ; Cluzet, fade, sans charisme, éternel ersatz de Dustin Hoffman (il n'y est pour rien mais cela nous insupporte quand même).

La thématique si archi-usée qu'elle en a acquis la transparence d'une culotte pour film X : le voyou (au grand coeur, donc) pourfendeur de conventions bourgeoises compassées et hypocrites, emportant la sympathie par son naturel et son impétueuse générosité ; la pseudo audace consistant à traiter le handicap sans ménagement, "normalement", qui prétend nous estomaquer en faisant dire "merde !" à un paraplégique.

Non, cher lecteur, oubliez cette daube, ce si pur et répugnant produit de la bien- pensance d'aujourd'hui.

Si vous voulez voir une production où le handicap est vraiment traité audacieusement, avec grande tendresse et délicieux humour, inutile d'aller perdre votre temps avec les Intouchables : restez chez vous et regardez la série "Monk" - tout simplement. Elle passe tous les jours à 18h15 sur TMC. C'est un chef-d'oeuvre.

Pauvre cinéma français !

Robert Willard
le 08/12/11

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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 11:04

Bonjour cher lecteur,

"J'espère qu'il ne va pas encore nous parler de Giscard !", pensez vous probablement. 

Hélas ! Giscard ne peut davantage s'éviter lorsque l'on parle de l'Europe, que le moucheron venant s'écraser sur notre pare-brise lorsque nous roulons en voiture.

Et nous voulons parler de l'Europe. Mais rassurez-vous : nous serons bref en ce qui concerne Valéry.

Vous l'avez peut-être vu l'autre jour sur le plateau du Grand Journal de Canal+. Plus toutankamonesque que jamais, il a réussi la performance de combiner complet ridicule - lors d'une pathétique et tremblotante démonstration d'accordéon réclamée par la présentatrice météo - et abject cynisme - quand il nous a révélé que les déboires de l'Europe étaient dûs aux "manipulations des banques américaines" et d'"officines" anonymes.

Cynisme "double épaisseur", dirions-nous en référence à ce que vous savez, puisque cet infatigable nuisible a lui-même en son temps vendu à ces banques la dette nationale, pour notre ruine présente ; et très largement contribué à fabriquer l'invraisemblable foutoir européen, dont la défaillance doit tout, ou presque, à ses défauts de conception, et n'a nul besoin de l'action souterraine d'"officines" pour se casser la figure.

L'actualité ne nous épargna rien en matière d'interventions ubuesques puisque, après Giscard à Canal+, nous avons eu Timothy Geithner à l'Elysée, venu prodiguer conseils et encouragements à Nicolas Sarkozy pour résoudre au plus vite la crise européenne - une espèce de séance de coaching transatlantique avant le très attendu sommet européen.

Tim est le Secrétaire au Trésor des Etats-Unis - c'est-à-dire probablement le dernier homme sur la Terre dont nous devrions attendre de bons conseils pour nous extraire du pétrin.

D'abord parce que depuis toujours les Américains ont souhaité que "l'Europe se fasse, mais mal" : juste assez bien pour acheter et investir aux Etats-Unis, et suffisamment mal pour ne pas être une menace en terme d'hégémonie. Et Dieu seul sait où ils ont placé le curseur.

Ensuite, parce que Tim, c'est Tim : le type qui était le patron de la FED de New-York, la plus importante des douze banques composant le réseau régional de la FED, de 2003 à 2009 - et qui, du haut de ce poste d'observation incomparable, soit n'a pas vu venir la crise (ce qui en ferait un incompétent) soit l'a laissé venir (ce qui en ferait une canaille).

Robert Willard
le 08/12/11

 

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 13:54
Il pleut dehors, cher lecteur.  Le ciel est uniformément gris. Sur la terrasse, un vent froid tourbillonnant disperse consciencieusement les feuilles  tombées du platane que nous avions regroupées hier.  Il va bientôt faire nuit. L’univers semble mettre un point d’honneur à être le plus triste et rébarbatif possible. Que nous importe ? Nous sommes confortablement installé à notre bureau,  dans notre chambre joliment arrangée et bien chauffée, fraîchement repu d’un bon goûter. Nous écrivons sur un sujet qui nous passionne. Notre famille va bien, nous l’aimons et elle nous aime. En cette seconde précise, nous avons tout ce dont nous avons besoin. Nous sommes bien.

Les conditions idéales pour parler de notre dette publique.

Où en étions-nous ?

En 1973 Pompidou et son comparse Giscard ont décidé que l’Etat emprunterait l’argent dont il a besoin sur les marchés financiers : refinancement  auprès de la Banque de France verbotten ! Une décision qui programme une grosse partie du futur endettement de l’Etat en le privant, d’après le prix Nobel de sciences économiques Maurice Allais, « d’un pouvoir d’achat annuel représentant environ 5,2% du revenu national » (La Réforme Monétaire, 1976).

A la question « pourquoi ? », Giscard a répondu qu’il s’agissait par là d’empêcher l’inflation par création monétaire et « de  constituer un véritable marché des titres à court, moyen et long terme, qu'il soit émis par une entité privée ou publique. » … Réponse qui fait peu de cas du fait que les banques (souscrivant aux dettes d’Etat) ne prêtent pas du cash, mais de l’argent crée à 80% (au bas mot), prenant par là le relais de l’Etat en terme de génération éventuelle d’inflation.

Nous en étions là.

Revenons sur cette réponse, si vous le voulez bien, cher lecteur.

Pourquoi  VGE ne dit-il pas tout simplement (faisant l’économie d’un mensonge grossier)  que le marché est mieux à même de gérer la création monétaire que les Etats ? Ceux-ci finissant toujours par utiliser la « planche à billets » à des fins politiciennes – donc pour de mauvaises raisons ? Le marché, lui, étant par nature autorégulé,  donc non susceptible de dérapages préjudiciables ?

Eh bien… Une telle déclaration reviendrait à traiter les chefs d’Etats et leurs gouvernements de crétins irresponsables et  démagogues, foncièrement incapables d’instaurer rigueur et discipline dans la gestion des finances nationales. Certains esprits mal intentionnés pourraient  y voir comme une sérieuse critique du principe démocratique,  et y déceler des relents d’ultralibéralisme financier – que notre Valéry est moins que jamais disposé à assumer en ces temps d’incurie financière manifeste.

Il s’agit pourtant bien de ça.

Oubliez cette histoire d’inflation, elle n’est que poudre lancée aux yeux des gogos. Le mot important à retenir, la clé de voûte de la pensée pompido-giscardienne, la seule vraie raison de la loi de 1973 - c’est le « marché ».

Pour bien cerner à quel degré ces funestes duettistes entendaient promouvoir l’avènement du Marché Universel,  et avec quel zèle débridé, nous vous proposons deux vidéos proprement stupéfiantes :  la première est ni plus ni moins que la profession de foi libérale de Pompidou, dans laquelle il nous dit, sans aucune précaution oratoire , que le protectionnisme a vécu et que les temps sont venus, enfin,  de la concurrence totale et permanente qui va remettre les paresseux (endormis à l’abri d’obsolètes barrières douanières) au boulot.

Planquez vos abattis tas de fainéants, M. Le Marché débarque !

On ne peut être plus clair, ni plus cynique : mais Pompidou ne fut pas pour rien l’un des principaux lieutenants de la dynastie Rotschild , référence absolue en matière de brutalité financière[1].

La seconde vidéo  est tellement incroyable, qu’on serait tenté d’y voir un de ces montages postsynchronisés très appréciés des imitateurs. On y voit Francis Bouygues, l’entrepreneur de travaux publics, vanter les mérites des travailleurs immigrés composant quatre-vingt pour cent des ouvriers qu’il emploie - dans un style que n’eût certainement pas renié un négrier faisant l’article sur un marché aux esclaves. (Il ne manque plus à ses côtés qu’un Marocain en tenue de chantier, dont il tâterait flatteusement les biceps et nous exhiberait la dentition impeccable.) Mais les belles qualités naturelles de courage et d’endurance de l’Immigré, poursuit Francis, sont fâcheusement bridées par l’état dépressif auquel il est plus ou moins sujet, du fait de la séparation d’avec sa famille restée au pays. Il en résulte une baisse d’efficacité évidemment préjudiciable à sa rentabilité, et donc aux bénéfices de son employeur. C’est pourquoi, en conclusion, Francis préconise de procéder sans tarder au regroupement familial, en vertu de cette équation imparable : un immigré heureux est un immigré rentable (Francis ne dit pas tout à fait les choses ainsi : son unique soucis, dit-il, est de favoriser l’ « intégration » de ces « gens-là »).

Quel rapport avec notre sujet, nous direz-vous, ô lecteur jamais nord ne perdant ? Nous sommes toujours dans une problématique de marché : il s’agit ici du marché de la main d’œuvre. L’Immigré est moins cher que l’ouvrier domestique ? Faisons venir l’immigré. Il a besoin de sa famille pour être pleinement performant ? Faisons venir sa famille. Concurrence, baisse des coûts, optimisation des rendements : on ne peut être plus en phase avec l’idéal pompidolien sus-exprimé.

Et qui exaucera les vœux de ce cher Francis ? Giscard, en 1975, alors Président en exercice et attelé à construire la « société libérale avancée (sic) » de ses rêves. Le pays en paiera le prix fort (ce n’était pas très difficile à deviner : De Gaulle l’avait fait quinze ans avant[2]) - mais M. Le Marché aura eu gain de cause.

Giscard, qui déjà en 1972 lorsqu'il tricotte le Serpent Monétaire Européen avec nos partenaires de la CEE, ne rêve que d'un Grand Marché Intégré au sein d'une Europe Fédérale.

Pompidou, Giscard : deux hommes de marché, donc. Nous devrions  même dire deux hommes du Marché. Des porte-flingues.

Et nous revoilà à notre question : "pour qui ?".

Pour qui nos deux pistoleros, armés de la Loi Pompidou-Giscard-Rotschild 1973, ont-ils dépossédé l'Etat de son droit régalien à battre monnaie ?

Vous l'avez compris cher lecteur : pour M. Le Marché.

Et... Pourquoi ?

Pour la dette publique bien sûr. La dette publique qui, par ce coup de maître, à moins de taux de croissance économique parfaitement inatteignables, se trouve condamnée à croître indéfiniment en se nourrissant d'elle-même.

La dette publique qui représente un marché annuel, uniquement pour notre pays, de 50 milliards d'euros - nous parlons ici des seuls intérêts - plus du double de ce qu'ont gagné ensemble en 2010 les cinq premières banques françaises (21 milliards d'euros).

A l'échelle mondiale, il nous faut parler de plus de 1200 milliards d'euros d'intérêts de La Dette- toujours annuellement.

A comparé aux bénéfices cumulés des plus grosses banques de la planète en 2010 : 150 milliards d'euros environ.

La dette publique, cher lecteur, La Dette, est plus qu'un marché colossal : c'est LE marché. Aucun autre ne peut rivaliser. C'est le marché de l'argent pur. Où l'argent est crée ex-nihilo pour s'acheter lui même. Où les Etats ruinés viennent vendre leur âme.

Si M. Le Marché peut être vu comme constitué de tous les marchés, celui de La Dette est son coeur battant.

Robert Willard
le 06/12/11

[1] Lire à ce propos « Les secrets de la réserve fédérale », Eustace Mullins.
[2]« C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne […] Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront peut-être vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l'intégration, si tous les Arabes et les Berbères d'Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s'installer en métropole alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s'appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées !» (De Gaulle)
 
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28 novembre 2011 1 28 /11 /novembre /2011 10:13

Bonjour cher lecteur,

Une petite mise au point avant de reprendre sur la passionnante question de La Dette : nous ne nourrissons aucune animosité à l'égard de Dave. Tout au contraire, nous le trouvons plutôt sympathique - mais nous n'aimons pas le genre de "nouvel album" bidon dont il vient de nous gratifier. Nous pensons que, lorsque l'on n'a rien à dire, le mieux à faire est de la boucler.

Cela repose ses voisins, et permet de réflêchir à des choses intéressantes - à dire, éventuellement. L'enrichissement par la sobriété. Ce que certains appelleraient un "comportement durable".

Notre sympathie à Dave, donc, néanmoins, et revenons aux choses sérieuses.

Nous avons vu que la quasi totalité de la dette publique actuelle correspond aux seuls intérêts de cette dette (ou service de la dette) cumulés depuis 1973.

1973, date fatidique de la loi Pomidou-Giscard interdisant à l'Etat de se financer auprès de la Banque de France par création monétaire - et l'obligeant à passer par les marchés financiers d'intérêts privés.

"Mais POURQUOI diable cette mesure invraisemblable ?" se demande le contribuable de bon sens que vous êtes. "Pourquoi payer soudain à des banquiers privés, ce que l'on versait jusqu'à lors à notre banque nationale, donc à l'Etat, donc à nous-mêmes ?"

Et, ne concevant pas qu'il puisse y avoir malice à ce niveau de décision, car élevé chrétiennement et modestement dans la détestation du mensonge et le respect de l'Etat, vous vous dites, cher lecteur : "Il doit y avoir une bonne raison, un truc financier trop compliqué pour moi."

Bonne raison ? Oui, mais pas pour tout le monde. Compliqué ? Pas tant que ça.

Giscard a répondu à votre question ; elle lui a été posée par AJ Holbecq sur son blog. La réponse de Valéry  peut se résumer ainsi (nous vous recommandons chaudement de lire intégralement l'échange Holbecq-Giscard):

L'émission monétaire par les Etats pour financer leur dette est une mauvaise choses parce qu'elle est source d'inflation. Le financement doit donc se faire via le marché, moyennant intérêts versés aux acheteurs de la dette.

Que voilà du mauvais bourrage de mou, cher lecteur ! Vilaine tromperie ! Enfarinade minable, tout entière reposant sur l'ignorance commune des choses de la finance et de l'économie ! Pouha !

Que sous-entend cette réponse ? Que le recours au marché pour le financement de la dette n'engendre pas d'émission (de création) monétaire - et donc pas d'inflation. Vu par Giscard, le marché (en l'occurence, les banques) a les poches pleines de bon argent sonnant et trébuchant, bien réel, qu'il va échanger contre la dette de l'Etat moyennant intérêts. Ca se défendrait...

Mais il n'en est rien.

En fait, lorsqu'une banque prête de l'argent, elle ne prête pas du vrai argent. Sur un prêt de 100 €, seuls 20 €, au maximum, sonnent et trébuchent : le reste, la banque le CREE - purement et simplement. Exactement comme l'Etat lorsqu'il fait tourner la planche à billet (émission monétaire). Oui cher lecteur : les banques, même privées, ont ce pouvoir : créer de l'argent ex-nihilo. (Vous pensiez naïvement qu'elles prêtaient l'argent que les épargnants leur déposaient... du vrai argent... Ah ! Ah ! Giscard compte sur votre naïveté.)

L'intervention du marché n'est donc EN AUCUN CAS le moyen de prévenir émission monétaire et inflation.

L'argument giscardien est bidon. Et la question du "pourquoi" du recours au marché reste entière.

Nous allons y répondre... en répondant à la question "pour qui ?".

Mais auparavent, remettez-vous de vos émotions. D'autres énormités sont à venir, plus éprouvantes encore. Il vous faudra être en pleine possession de vos moyens pour les affronter.

A suivre.

Robert Willard
le 29/11/2011

 

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 14:36

Bonsoir cher lecteur,

Dave sort un nouvel album, avons nous appris. Le clip promotionnel nous le montre se déhanchant juvénilement, svelte et souriant, sur l'air de son tube phare "Vanina".

En fait, l'album entier n'est qu'une reprise de ses anciens succès, vaguement revisités, et prétextes à d'improbables duo avec d'autres vieilles gloires de la variété. Même Daniel Auteuil y va de ses vocalises - sans autre qualification, pour ce que nous avons entendu, que celle d'"ami de toujours".

Quant à Dave lui-même, une interview accompagnant le clip nous l'a montré certes toujours souriant, mais le plan rapproché trahissait des traits flasques et une peau tombante qui n'avaient plus rien de juvéniles.

Il ne s'agit pas du nouvel album d'un artiste à la jeunesse éternelle. C'est juste une compilation de vieux titres repris par un vieux monsieur sans inspiration.

C'est une imposture.

Quel rapport avec la dette ? nous demanderez-vous.

Eh bien, la dette aussi est une imposture – du moins, ce que l’on nous en dit.

Le flou est savamment entretenu à son sujet. La question est si complexe, comprenez-vous… Il est difficile d’en donner une explication simple et claire… à nous autres pauvres trous-du-cul de contribuables lambda.

Alors voilà, grosso-modo, ce que nous sommes censés comprendre : les Etats dépensent trop, pour le bien-être de leurs populations, et rentrent trop peu de recettes fiscales (c’est le déficit budgétaire). Et ça dure depuis des années. Aujourd’hui la dette ainsi accumulée n’est plus supportable : finita la fiesta ! Rigueur, restriction, austérité, plus d’impôts et moins de service – nous ne pouvons y couper pour résorber La Dette (en allemand : Verschuld).

Rien à redire à ça, semble-t-il. Pur bon sens. Légitime soucis d’assainissement de nos finances, pour garantir l’avenir de nos enfants. Et comme notre Sarkozy national s’y entend bien pour nous conter cette fable, la mine grave et les mains jointes en solennelle séance de communication élyséenne.

Car c’est une fable, cher lecteur. Du pipeau ! De la flûte – et même pas de pan ! De la méchante flûte de plastique pour collégiens et cacophonique cours de musique !

La Dette d’aujourd’hui a autant à voir avec la gabegie des Etats, que le dernier album de Dave avec une nouveauté musicale.

« Comment cela ? » demanderez-vous, suspicieux, cerveau encore embrumé par le discours officialo-grandmédiatique. « Tout de même, Sarkozy nous l’a bien dit, redit et répété… Le président de la République ! Et Elie Cohen ? Un économiste du CNRS ! Avec une coupe de cheveux pareille ! Il mentirait ? Et même Jacques Attali… Hein ? Attali ! L’homme qui sait tout sur tout ! Il se planterait ? »

Oubliez ces balivernes. Reprenez vos esprits. Regardez-nous dans les yeux et écoutez bien : Dave n’a pas vingt-cinq ans ; il ne sort pas de nouvel album. Et on vous ment à propos de la Dette.

Vous allez comprendre. Car contrairement à ce que l’on veut vous faire croire, c’es très simple.

Tous les ans le gouvernement vote un budget pour l’année à venir – c’est-à-dire la quantité d’argent public qui sera  dépensé. Grosso modo, tous les ans ce budget est déficitaire, c’est-à-dire supérieur aux rentrées d’argent attendues (fiscales et autres) ; peu ou prou, ce déficit est dimensionné pour être comblé par le surplus de recettes de l’année suivante, apporté par la fameuse croissance. Puis on repart pour un tour.

Le système n’est pas très sain cas il repose entièrement sur la réalité de la croissance : si elle est là, et au niveau anticipé, alors le déficit budgétaire est comblé d’un an sur l’autre, et il n’y a pas accumulation de la dette. Celle-ci reste à peu près constante, à une hauteur marginale relativement au PIB. Elle n’est pas un problème – à condition qu' elle ne génère pas d’intérêts.

(Evidemment il y a problème si la croissance à venir est surestimée : mais grosso modo, les surestimations sont compensées par les ous-estimations, cet aspect de la question est donc quasi transparent. )

Restez concentré, cher lecteur, car là est la clé de l’affaire : tant que la dette susmentionnée ne donne pas lieu à paiement d’intérêts (et que la croissance est correctement estimée, ce que nous pouvons admettre, donc), elle reste stable. Si intérêts il y a, ils rompent l’équilibre et viennent gonfler la dette d’un an sur l’autre, de manière exponentielle (il y a d’abord les intérêts, puis l’année suivante les intérêts à payer sur les intérêts, puis les intérêts sur les intérêts des intérêts, etc.).

Or jusqu’en 1973, cette dette due au déficit budgétaire était financée par la Banque de France, qui prêtait à l’Etat : autrement dit l’Etat se prêtait à lui-même, par création monétaire, sans intérêts évidemment. La dette restait stable.

Tout baignait donc jusqu’au jour funeste de 1973 où le tandem Pompidou (ex-directeur de la banque Rotschild France) – Giscard (son ministre des Finances) a décidé d’interdire à l’Etat d’emprunter auprès de la Banque de France, et de le contraindre à passer par le truchement des marchés financiers : à partir de ce jour, la dette était financée par les marchés (les banques), moyennant, cette fois, intérêts.

Dès lors, la dette publique ne cessa d’augmenter :

Aujourd’hui, les 1500 milliards d’euros de notre dette publique correspondent, à quelques pourcents près, à la somme des intérêts versés depuis 1973.

Vous saisissez, cher lecteur ? Si nous étions restés dans le fonctionnement en vigueur avant 1973, notre dette publique serait toujours aussi anecdotique qu’elle l’était alors.

Nous voyons votre regard s’allumer d’une flamme nouvelle, encore un peu vacillante, mais claire et prometteuse… « Que Sarkozy ait raconté des fadaises », pensez-vous, « bon, après tout, c’est un politicien – c’est donc un peu son métier. » Et Elie Cohen ? « Eh bien, c’est Elie Cohen.»  Et Jacques Attali… Nous reparlerons de lui.

Non, cher lecteur, notre Dette ne doit rien, ou si peu, à un emballement de dépenses irresponsables qui justifieraient contrition et serrage de ceinture.

Elle doit tout, ou presque, à une décision de pure politique financière prise en 1973, par un président-banquier et son compère ministre des finances.

Mais pourquoi ? Et pour qui ?

A suivre ici : De la Dette (2ème partie) , De la Dette (3ème partie)

Robert Willard

Le 26/11/11

source : La dette publique, une affaire rentable (AJ Holbecq - P Derruder) Ed. Yves Michel

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 14:46

Bonjour cher lecteur,

Kadhafi s'est fait avoir depuis notre dernière chronique.

Manifestement cet imprévoyant n'avait pas de sous-marin pour fuir vers le Venezuela. Et manifestement aussi, il n'était pas résolu à mourir en combattant, contrairement à ce qu'il avait fièrement déclaré - ainsi que l'atteste sa tentative de fuir Syrte, ville symbolique pourtant toute désignée pour une mort héroïque.

Quoiqu'il en soit, sa fin aura singulièrement manqué de panache - extrait, tel un bigorneau récalcitrant, d'un tronçon de tout-à-l'égout en construction, puis lynché comme une vulgaire femme adultère.

Saddam Hussein avait été tout aussi peu brillant il y a huit ans, lorsqu'il fut découvert dans un simple trou minablement aménagé, hirsute et hagard comme un clodo brutalement réveillé.

En 1945 Mussolini, l'empereur du coup de menton, fut, lui, reconnu par des résistants italiens, alors qu'il s'était déguisé en sous-officier allemand et caché parmi d'autres fuyards teutons à l'arrière d'un camion.

Himmler avait troqué son uniforme chamarré de Reichsführer-SS, tout étincelant de têtes de mort, croix de fer et runes chromées, contre une modeste tunique de caporal de la police militaire. Abdiquant toute dignité, il s'était de plus affublé d'un bandeau sur un oeil et avait rasé sa trop célèbre petite moustache. Ce subterfuge digne de Bibi Fricotin ne l'empêcha pas d'être reconnu, et arrêté lors d'un banal contrôle allié.

Les Ceausescu, stars mondiales du communisme conquérant, ont fini jugés à la va-vite dans une base militaire, coincés derrière deux tables de formica, et fusillés dans la foulée. Ils avaient été rattrappés à l'issue d'une rocambolesque tentative de fuite en hélicoptère, dont on ne sait si elle échoua faute de carburant ou par trahison du pilote.

Etc.

La liste est longue de tous ces dictateurs, despotes et potentas qui fanfaronnèrent du temps de leur puissance, avec virils discours sur fond de trompettes guerrières - et dont la trajectoire s'acheva misérablement, dans la peur et le ridicule.

C'est étonnant.  

Robert Willard

le 22/11/11

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 07:47

Voekler ne sera pas sur le podium aux Champs-Elysées.

De nombreux spécialistes s'accordent à dire qu'il aurait pu y être s'il n'avait fait une boulette tactique dans le Col du Télégraphe jeudi dernier. Quelle boulette ? Eh bien, suite à une accélération de Contador, concommitente à un ennui mécanique d' Evans, Thomas s'est retrouvé isolé entre les deux. Il lui fallait alors fait un choix : produire un gros effort pour recoller rapidement à l'Espagnol, ou se laisser rejoindre par le groupe Evans au sein duquel se trouvaient ses coéquipiers - et revenir au train, en cette compagnie, sur Alberto.

Le tempérament combatif du Français lui a fait choisir la première option - à priori pas plus absurde que la seconde. La boulette ne réside pas dans ce choix : elle est dans le fait de s'y être accroché, alors même qu'il devenait clair qu'il y laissait beaucoup trop de forces sans gain appréciable sur Contador.

Dès lors il aurait fallu déccrocher - reculer temporairement pour regagner une position plus confortable - le groupe Evans où se trouvaient ses équipiers. C'était l'attitude raisonnable à adopter.

Mais Thomas, à ce stade, a clairement manqué de lucidité. Gageons qu'il s'en souviendra pour l'année prochaine. (Nous prédisons un Tour 2012 d'anthologie. Nous y reviendrons.)

Oui, Thomas, avec un Tour de France dans les jambes et son maillot jaune à défendre dans le Col du Télégraphe face aux meilleurs grimpeurs du monde, l'un s'échappant devant, l'autre traînant derrière, luttant avec des pentes de 9% sous oxygène raréfié, a manqué de jugement : il a voulu courir au dessus de ses moyens.

C'est évidemment regrettable.

Nous lui en tiendrons toutefois beaucoup moins rigueur qu'aux andouilles encravatées de Bruxelles qui font vivre l'Europe au dessus de ses moyens depuis vingt ans, confortablement installées dans leurs capiteux fauteuils de direction, air conditionné respirant, et, pour tout exercice physique, piles de parapheurs signant.

Voekler a fauté - une seule fois en trois semaines - et Voekler a payé, cash, de son podium. Un sportif de ce niveau ne peut pas payer plus cher.

Nos eurocouillons déconnent plein pot, à jet continu, année après année - et ne paient rien du tout, jamais, bien au contraire perçoivent grasses indemnités et plantureuses retraites.

Non seulement, mais ils s'autorisent en sus des foutages de gueule qui forceraient presque notre admiration, si nos pulsions d'empalement - ou à tout le moins de bastonnade en place publique - n'étaient si fortes.

Voyez le récent "sauvetage" de la Zoneuro, menacée par la crise grecque.

Jean-Claude Trichet, le futur ex-président de la BCE, glapissait des prophéties calamiteuses si jamais la Grèce devait faire défaut : ses banques couleraient à pique, faute de pouvoir apporter en garantie de leurs emprunts leurs obligations d'Etat nationales désormais frappées de nullité ; et dans la foulée des banques grecques, tout le système financier européen.

Or à l'issue du sommet de jeudi à Bruxelles - surprise : un défaut de la Grèce n'est plus si grave que ça ! Trichet en a pris son parti, dites-donc !

Quelle sensiationnelle découverte justifie cet impensable revirement ? Se serait-on trompé d'une décimale dans le calcul de l'indice de solvabilité du réseau bancaire zoneuropéen lors du récent stress-test ?

Rien de cela, cher lecteur. Ce qui a valu à JC Trichet de finalement accorder sa caution au plan de sauvetage grec, c'est une pauvre bidouille comptable d'une grossièreté proprement éblouissante : figurez-vous que désormais la BCE n'aura plus à acheter les obligations d'Etat grecque, c'est le Fonds Européen de Stabilité Financière qui le fera. Vous avez compris ? La BCE retire ses mains du caca, c'est le FESF qui s'y collera désormais. C'est toujours de NOTRE argent qu'il s'agit bien entendu, la situation est toujours rigoureusement aussi pourie, mais, techniquement parlant, ça ne concerne plus directement Jean-Claude : il n'a pas dit "oui" au plan d'aide - il a dit "je m'en bas l'oeil." (d'autant plus qu'il part en retraite dans trois mois.)  

François Baroin, notre ministre de l'économie, semble avoir apprécié à sa juste valeur le foutage de gueule (FDG) de JC Trichet - et, en bon compétiteur, il s'est manifestement promis de faire mieux à la première occasion. Et vous savez quoi ? Le bougre y est parvenu !

La manière dont il nous explique que l'aide à la Grèce ne nous coûtera rien relègueTtrichet, nous devons le concéder, au pauvre rang de quasi-honnête homme. Nous ne résistons pas au plaisir de vous livrer un large extrait de sa déclaration :

"Ces 15 milliards prévus d'ici 2014 [la part française de l'aide, NDLR] n'auront qu'un impact comptable sur la dette, et aucun sur le déficit, souligne-t-il, et cette dette sera émise par le FESF et non par la France.
"La France intervient sous forme de garantie. Or, depuis l'an dernier, les statisticiens européens nous ont indiqué que la dette du Fonds européen de stabilité financière devait être rattachée comptablement à chaque Etat pour la part qu'il garantit", déclare François Baroin. "Au-delà de cet impact comptable, la France n'a pas besoin d'emprunter davantage et notre déficit n'est pas impacté. Ni le Fonds ni a fortiori la France ne s'appauvrissent dans l'opération"

Oui, c'est volontairement allambiqué - il faut que ça ait l'air très compliqué pour que nous autres, pauvres crétins, ne songions pas à contester - mais la conclusion est limpide : ces quinze milliards déboursés n'appauvrissent personne - mais désappauvrissent quand même la Grèce. Abracadabra...

Baroin vient de placer la barre très haut en matière de FDG. Après ça, les concurrents sont presque condamnés à tenter l'exploit ultime (The ultimate FDG) - adopter, pour slogan de campagne électorale :

"VOTEZ POUR MOI, BANDE DE CONS."

Ce n'est qu'une question de temps.

Bob Willard

25/07/2011

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 08:30


Octobre 1938 : Hitler veut les Sudètes, région frontalière de la Tchécoslovaquie où vit une forte majorité d’Allemands.
La France ne veut pas les lui laisser, mais pense ne rien pouvoir faire sans son alliée l’Angleterre – qui n’a rien à carrer de la Tchécoslovaquie.

Le Führer beugle sur tous les toits qu’il est irrévocablement décidé à faire la guerre avec la Tchécoslovaquie, l’Angleterre et la France s’il n’obtient pas satisfaction.

Emmenées par le Premier Ministre anglais Chamberlain, l’Angleterre et la France représentée par son Président du Conseil Daladier retrouvent Hitler et son comparse-entremetteur Mussolini à Munich, en une ultime tentative pour trouver une solution diplomatique à cette crise.

Là, à la face du monde entier, Daladier, honteux, mettra la France cul-nu, aidé dans le déboutonnage par un Chamberlain empressé et jubilant – devant Mussolini sidéré et Hitler ivre d’orgueil.

« C’est la paix pour notre temps ! » dira Chamberlain à sa descente d’avion, de retour chez lui.

Moins d’un an plus tard advenait ce que cette capitulation était sensée éviter : le cataclysme de la seconde guerre mondiale.

Juillet 2011 :les Marchés veulent leur argent, qu’ils ont inconsidérément engagé en Grèce.

L’Allemagne ne veut pas payer, mais pense ne rien pouvoir faire sans son principal partenaire la France – qui veut soutenir la Grèce.

Les Marchés beuglent sur tous les toits qu’ils couleront la Grèce, puis l’Espagne, puis l’Italie, puis toute la Zone Euro, s’ils n’obtiennent pas satisfaction.

Emmenées par le Président français Sarkozy, la France et l’Allemagne représentée par sa chancelière Merckel retrouvent les principaux acteurs financiers européens et mondiaux à Bruxelles, en une ultime tentative pour éviter la faillite grecque.

Là, un gros chèque est signé à la Grèce, c’est-à-dire aux Marchés. La création d’un Fonds Monétaire Européen est évoquée. Tout le monde a le sourire sur la photo - celui de Merckel est juste un peu jaune.

« C’est un grand pas en avant pour l’Europe et sa stabilité économique et financière ! », affirment-ils.

Eh bien, nous verrons, cher lecteur. Nous verrons…

Bob Willard

23/07/2011

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