Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 11:03

Bonjour cher lecteur,  

Eva Joly en avait manifestement marre de rester en coulisse. Tous ces clowns sur la piste, les projecteurs, les caméras, le public… Pourquoi pas elle, nom d’un fjord ?  

E
lle avait déjà tâté le terrain, notez bien. Nous avait balancé quelques vannes histoire de sentir le vent : sur le défilé du 14 juillet, qu’il faut repenser façon parade de disneyland ; sur la fête de Jeanne d’Arc, célébration crypto-nazie à abolir d’urgence ;  sur le 11 novembre enfin, qui doit devenir une « journée de la paix européenne» dont il conviendra de bannir toute référence au conflit franco-allemand  (il sera toujours admis de déposer des gerbes sur les tombes des soldats tombés, mais seulement celles des « mutins » fusillés de 1917. Les froussards qui se sont fait trouer la peau sans protester, en courant comme des cons à l'assaut de nids de mitrailleuses prussiens, seront priés de pourrir dans l’oubli dorénavant).

Ces joyeusetés ont rencontré un certain succès. La majorité en place a bien réagi : protestations, critiques acerbes – même une allusion presque xénophobe du premier ministre relativement à sa nationalité franco-norvégienne, qui serait beaucoup moins « franco » que norvégienne.

(Allusion à laquelle Eva a délicieusement répondu : « Je ne descends pas de mon drakkar ! », prononcer : « Che ne tescends pas te mon trakkar ! »…)  

Le public était manifestement mûr pour apprécier pleinement son vrai numéro. Alors, hop ! , entre l’arrivée des observateurs de la Ligue Arabe à Damas (très attendue) et le lancer de TVA sociale (particulièrement périlleux car sans aucune préparation de l’artiste) – Eva déboule sur la piste, toutes lunettes flamboyantes et coiffure invraisemblable déployées,  se plante résolument dans la lumière et clame, de son accent à la musicalité inimitable, qu’il faut que «juifs et musulmans puissent célébrer Kippour et l'Aïd-el-kebir lors d'un jour férié» afin que «chaque religion ait un égal traitement dans l'espace public». Ainsi «l'égalité et la laïcité auront avancé dans notre pays » ! Et d’ajouter, irrésistible : «Quand j'entends Claude Guéant et Marine Le Pen, j'ai mal à ma France, j'ai mal à notre France» !

Nous avons beau être blasé, nous devons concéder que ça nous interpelle. Fallait oser.  Nous avons presque envie d’applaudir – à moins que cette démangeaison que nous ressentons dans les phalanges ne soit à interpréter différemment.

Récapitulons :

On conchie les symboles fondateurs de notre identité nationale (Jeanne d’Arc, qui commet le double crime de nous rappeler notre chrétienté fondamentale et le coup de pied au cul asséné à la Perfide Albion ;  le 14 juillet, fascistement intitulé « fête nationale » (horreur !) ; et le 11 novembre, comble du comble, qui nous rappelle que nous avons fait la guerre à l’Allemagne (Ouh ! tabou ! Tout le monde s'aime d'amour en Europe, Saint Oui-Oui et Grand Schtroumpf priez pour nous !) et que nous l’avons gagnée (en plus !) ;  

Puis, chasse d’eau tirée sur ces sordides résidus mémoriels, on fait place aux vraies célébrations importantes, pleinement représentatives de notre francitude d'aujourd'hui : le Kippour et l’Aïd-El-Kebbir.

Bon. On ne saurait être plus clair, non ?

On a une idée précise de la France d’Eva (celle à laquelle elle a « mal », rappelez-vous) : c’est à peu près tout, sauf la notre.

Quand-est-ce qu'elle remonte dans son Drakkar ?

(Notez que les bouddhistes ne sont pas un problème. Eva a mal aux musulmans et aux juifs – mais pas aux bouddhistes.  Ils sont pourtant aussi nombreux que les juifs en France. Nous n’irons pas plus avant dans ce commentaire, de peur d’avoir mal à la loi Gayssot.)

Robert Willard
le 17/01/12

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Robert Willard - dans Actualité divers
commenter cet article
9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 19:20

De deux choses l'une, cher lecteur :

Soit les conseillers en communication de François Hollande sont les pires crétins qu'ait connu le parti socialiste, soit ils n'ont aucune sorte d'influence sur leur candidat.

Juste pour le cas où notre première hypothèse serait la bonne, nous nous permettons donc un conseil,  bref, mais vital, à François (qui, nous devons l'avouer, nous est malgré tout sympathique) : qu'il arrête, au plus vite, ses imitations de François Mitterrand.

Ou si vraiment il ne peut pas, qu'il les réserve pour le miroir de sa salle de bain.

Il y va de sa campagne, et, peut-être, de sa carrière d'homme public.

Certes, nous doutons que le ridicule ait des bornes indépassables en matière politique. Mais à tout hasard, François : fais gaffe, quoi, merde !

Bob Willard
le 09/01/12

Repost 0
Published by Robert Willard - dans Actualité divers
commenter cet article
8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 18:16

Bonsoir cher lecteur,

Il se passe de drôles de choses aux Etats-Unis ces derniers temps.

Il semble qu'une sorte de "Loi des Suspects" soit entrée en vigueur là-bas en décembre dernier - une de ces lois comme on ne les aime pas beaucoup, qui autorise l'armée à arrêter n'importe qui, n'importe quand et n'importe comment, pour une durée indéterminée et sans droit à un avocat, pour peu qu'on lui colle sur le dos une accusation de "terrorisme".

Dans le même mouvement, Barack se met à gouverner par voie de décrets, passant par dessus la tête du Congrès dont la majorité républicaine paralyse toutes ses initiatives.

Autant cette dernière manoeuvre ne nous émeut guère (quand la démocratie se met en mode "autobloquant", le gouvernement a légitimité à employer la clé à molette), autant le dernier sous-produit législatif du Patriot-Act nous laisse perplexe.

Non pas qu'il nous surprenne plus que ça, dans son prinicipe, de la part des Américains. Ceux-ci sont coutumiers des crises de paranoïas aigues avec réduction drastique des libertés individuelles - les deux épisodes les plus fameux en la matière étant sans doute la "prohibition" (1920-1933) et la "chasse aux sorcières" maccarthyste (1953-1954). C'est leur culture puritaine qui veut ça. (Plus exactement, c'est leur connerie - mais "culture puritaine" fait plus cultivé.)

Non, c'est le timing qui nous étonne. Pourquoi maintenant ? Les Américains seraient-ils davantage menacés aujourd'hui qu'il y a dix ans par le terrorisme ? Al Qaïda semble pourtant très occupée sur le continent africain en ce moment, notamment en Afrique sub-saharienne et en Somalie, sans compter sa propable implication dans les merdiers irakien, afghan et Syrien, et les prometteurs chantiers des pays arabes récemment "libérés" (Tunisie, Egypte, Libye).

Si nous étions dirigeant d'Al Qaïda, nous nous concentrerions sur ces champs d'action (déjà pas si concentrés que cela), dont les retombées de long terme sont potentiellement immenses, plutôt que de gaspiller des ressources déjà maigres à faire péter des buildings aux Etats-Unis.

Faut-il donc voir dans ce durcissement législatif, non pas une réaction à une menace identifiée, mais l'anticipation d'une menace, qui pourrait répondre à une future initiative américaine - comme, disons, un conflit armé avec l'Iran ?

Mystère et djelaba !

Robert Willard
09/01/12

Repost 0
Published by Robert Willard
commenter cet article
8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 16:15

Tout est question de point de vue en ce bas monde, cher lecteur.

Ainsi pour un Européen, l'eau n'est pas une question. Dans le pire des cas, c'est une facture un peu salée. Mais pour Israël, elle compte parmi les éléments déterminants de sa politique étrangère.

On ne peut comprendre complètement l'attitude d'Israël sans avoir à l'esprit cette question de l'eau.

Les deux tiers des ressources en eau exploitées aujourd'hui par Israël proviennent de territoires extérieurs aux frontières fixées en 1948 - dont la Cisjordanie. Cette seule raison suffirait à nous faire comprendre pourquoi certains territoires occupés et illégalement colonisés ne seront JAMAIS rendus : le développement de l'agriculture, de l'économie et de la démographie israéliennes les ont tout simplement rendus indispensables en tant que sources d'eau.

De même, cette question de l'eau explique la très forte implication israélienne dans la géoplitique du continent est-africain.

Car même en spoliant toutes les ressources en eau des territoires illégalement occupés, Israël aura d'ici quelques années, compte tenu de son développement prévisible, des problèmes d'approvisionnement. Elle a un besoin vital, à terme, de sources alternatives.

L'une d'elle pourrait venir du Nil. Le Nil prend ses sources en Ethiopie (Nil bleu) et au Sud Soudan (Nil blanc), et arrive au nord Sinaï, en Egypte - aux portes d'Israël. De fait, Israël est très fortement impliquée, systématiquement et de très longue date, dans tous les conflits qui ont touchés, et touchent encore, ces pays et leurs voisins.

Elle soutient les rebelles chrétiens sécessionistes du sud Soudan contre le gouvernement islamiste du nord, à Karthoum. Cette politique l'a conduite à tremper dans la boucherie rwandaise des années quatre-vingt dix.

Elle encadre tous les projets de barrage et d'irrigation en Ethiopie, où le Nil bleu prend sa source - lequel fournit 80% de l'eau du Caire.

Absolument rien ne se passe dans cette région d'Afrique, qui ne soit autorisé, encouragé ou contrecarré, par Israël.

A cause, notamment de l'eau.

Bob Willard
08/04/2011

sources :
Carnages, Pierre Péant ;
Géopolitique - Constantes et changements dans l'histoire, Aymeric Chauprade.

Repost 0
Published by Robert Willard
commenter cet article
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 18:13

Bien. Parlons un peu de l'Europe.

Etre un vieux con, ou ne pas, voilà ma question. Je déteste cette Europe qui se construit - c'est un fait. Mais pourquoi ?

Pas du fait de la "crise", dont je la tiens pourtant pour grande responsable. Les crises économiques sont inévitables. On peut les amortir plus ou moins, les racourcir plus ou moins, mais pas les éviter. Sauf à vivre en Corée du Nord, bien entendu.

Non, ma raison est ailleurs. Elle est du reste plutôt commune : je n'aime pas l'idée d'avoir mon existence régentée par des lois, règlements, décrets et autres normes édictés par quelque technocrate, anonyme parce que noyé parmi tant de ses confrères, qui Roumain, qui Grec, qui Suédois. Ou Allemand. Ou Bulgare. Ou peut-être même Turc, bientôt, qui sait...

Ou Anglais.

Tous gens très largement étrangers à ma culture et à ma langue.

Bref, très intuitivement, il ne me semble pas raisonnable de fonctionner sur ce mode babylonien - la probabilité de voir se cristaliser d'insurmontables incompatibilités paraissant nettement supérieure à celle d'une fusion harmonieuse dans l'amour et le respect de son prochain.

Je n'en ai pas envie non plus. Chacun chez soi, avec ses bruits, ses odeurs, ses habitudes, ses règles - et pour se rencontrer et se découvrir, le voyage, ou le travail. J'aime cette idée d'un monde de vraie diversité, autant que je déteste la ratatouille culturelle que nous cuisine l'Europe. Celui-là qui ne connaît que la ratatouille, ne saura jamais rien de la tomate.

Alors : vieux con, ou simplement homme de bon sens ? Frilosité xénophobe et passéiste, ou sagesse et lucidité ?

Le doute m'est venu en considérant la façon dont s'est construite la France. Siècle après siècle, le domaine royal a absorbé les contés, duchés et marches limitrophes, jusqu'à atteindre, peu ou prou, la taille de l'hexagone d'aujourd'hui. Chacune de ces régions avaient une identité très forte - langue, monnaie, coutumes. Leur rattachement à la Couronne s'est fait par allégeance de son souverain (souvent à l'occasion d'un mariage), ou suite à une défaite militaire - ou toute autre combinaison militaro-politique. Dans tous les cas, la population n'a jamais été consultée. Et il est douteux qu'elle ait été follement emballée. Très probablement, le Breton moyen n'a pas aimé passer sous domination d'un roi lointain, dont il ne parlait pas la langue ni ne patageait les moeurs. Il a sûrement détesté se voir imposer l'usage du français, une nouvelle monnaie, un nouveau système de poids et mesures - sans parler des impôts et des lois. Certainement, il aurait voté "non" lors d'un référendum sur le sujet.

Et ainsi de tous les "provinciaux" devenus Français.

Et donc :

Il semble que rien ne distingue, dans son principe, la construction de l'Europe que je combats, de celle de la France, dont la légitimité m' a toujours paru aller de soi.

Je suis un vieux con - juste un vieux con qui a peur du changement. Mes petit-enfants, européens épanouis, parlerons de moi comme je parlais du Breton de mon exemple. A moins...

A moins que pas du tout.

A moins qu'il nous en faille revenir à une notion aussi ringarde et obsolète que celle d' espace. A moins qu'il n'existe un seuil critique dans l'espace occupé par une collectivité humaine, au-delà duquel les différences de moeurs entre les régions les plus éloignées finissent par être telles qu'elles étouffent le sentiment d'appartenance à une même communauté. Celle-ci n'est dès lors plus ressentie et vécue, mais purement administrative : c'est -à-dire, d'un point de vue humain, totalement artificielle - et d'une légitimité des plus ténues.

Au delà de ce seuil spatial critique, les risques d'éclatement de l'ensemble, pour reconstruction de communautés plus réduites et donc plus homogènes, seraient permanents et considérables. Nous aurions là un des facteurs explicatifs de la disparition des empires - qui tous, depuis toujours, ont fini par exploser.

Ce seuil spatial serait fonction d'un certain nombre de paramètres, comme la densité de population, la fréquence et l'amplitude des déplacements des individus, le degré de développement des moyens de communication.

Ainsi il semble évident que ce seuil serait plus élevé aujourd'hui, pour une même population, qu'il ne l'était il y a cinq siècles : entendez que l'on peut espérer une plus grande homogénéité sur un plus vaste espace, en raison des moyens de déplacements et de communication supérieurs.

Mais l'homme n'a pas une capacité de déplacement et de communication illimitée. A y bien regarder, on peut même dire que l'espace dans lequel sa "vraie vie" se déroule est assez restreint, et qu'il communique véritablement avec peu de personnes - sans commune mesure, en tous cas, avec l'illusion de connection permanente au monde entier entretenue par la télévision et internet.

Il existerait donc un seuil spatial critique (d'homogénéité d'une communauté) tout simplement parce que l'Homme est lui-même limité dans le temps et dans l'espace.

Et la construction européenne dans laquelle nous sommes engagés devrait être comparée à celle d'un empire : agrégation (plus ou moins forcée) de communautés dans un espace excédant le seuil cririque, donc vouée à l'éclatement.

Dans cette hypothèse, l'espace français serait inférieur, lui, à ce seuil critique - au regard de ce que furent les communautés qui le peuplèrent.

Il s'agit-là d'une piste de réflexion, cher lecteur. Piste non encore carossable, dont j'aimerais que vous m'aidiez à combler, au moins, les nids de poules. Et que j'abandonnerai si l'on sait me montrer qu'elle ne conduit nulle-part.

S'il me faut me résoudre à être un vieux con - j'assumerai. Mais j'aimerais mieux pas.

Robert Willard
le 07/01/12

Repost 0
Published by Robert Willard - dans Europe
commenter cet article
6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 14:24

Bonsoir cher lecteur,

Initialement j'envisageais de vous parler de l'Europe. Puis l'envie m'est venue de faire un détour, ô combien plus réjouissant, par Salma Hayek : donc, pour l'Europe, revenez plus tard.
    salma3-copie-1.jpg

Oui, pour l'instant j'entends célébrer vigoureusement, et même : gaillardement, cette Légion d'Honneur décernée à Salma Hayek par le Grand Maître Nicolas Sarkozy. Non pas que j'accorde la moindre importance à la chose en soi - je me fous de la Légion d'Honneur comme de mon premier super-malabar. Mais il se trouve qu'Arielle Dombasle est chevalier, elle, depuis déjà cinq ans. Peut-on me dire en quoi l'humanité se trouve enrichie de l'existence d'Arielle Dombasle ? Me donner une idée de sa contribution, même la plus infime, au bien-être général ? Qui parmi vous, chers lecteurs, lui est-il redevable d'un seul instant d'émotion - autre qu'une violente envie de la gifler ? Certes Arielle doit cette distinction à un Chirac déjà très diminué - mais le gâtisme n'excuse pas tout, fût-il présidentiel.

L'affaire demandait réparation.

C'est chose faite avec la décoration de Salma Hayek : cette Fabuleuse arrive après Dombasle comme l'Astre du Jour après la pluie (je devrais même dire : le crachin, que je situe plus haut dans l'échelle du désagrément). On notera au passage l'ironie du terme, Salma étant la dernière femme sur cette Terre ayant besoin d'être "décorée" - mais réjouissons-nous pour cette pauvre Légion d'Honneur, si habituée, depuis la fin de l'Empire, aux poitrines chenues de vieux kroumirs riches d'ans plus que d'un quelconque mérite, ou vulgairement bombées de crétins à entregent - ou sinistrement dombaslesque.

Donc gloire, oui, gloire, et honneur ! à Salma Hayek, Hymne Magnifique à  la Féminité Sulfureuse,  Phare Rayonnant des Libidos en Détresse, Porshe 911 Carrera 4S Faite Femme, Sorcière Sublime et Comestible, Brune d'Entre les Brunes ! Gaaarde à vous ! Présenteeez  armes !

 ...

Rompez.

Bob Willard
le 06/01/12

Repost 0
Published by Robert Willard - dans Actualité divers
commenter cet article
28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 16:16

Bonsoir cher lecteur,

Parlons un peu de la Syrie. Ce pauvre Bachar est dans la mouise jusqu'aux sourcils : tout l'arsenal politico-médiatique déployé pour dégommer Kadhafi est désormais retourné contre lui, encore chaud et bien rodé de son tout récent usage.  On n'attend plus que BHL pour l' hallali.

L'ONU parle de cinq mille victimes de la répression : cela nous semble étonnamment faible, le chiffre pour la Libye ayant été de six mille dès les premières semaines de la "révolution", pour une répression considérablement moins musclée, nous avait-il semblé. Vous l'aurez compris : vous serez sage de n'en tenir aucun compte - le chiffre, comme beaucoup d'autres choses rapportées par nos médias grand public, étant très probablement bidon.

Car, exactement comme pour Kadhafi, la seule chose dont nous pouvons être sûrs, et devant être prise en considération, est que certains pays veulent faire tomber Assad, et d'autres aimeraient qu'il reste ; les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France veulent sa tête, lesquels contrôlent quatre-vingt-dix pour cent de l'information dont nous sommes abreuvés, pauvres clampins gobeurs de "JT".

Notez d'ailleurs cette chose admirable : le Figaro d'aujourd'hui fait état des mises en garde de Paris et d'ONG concernant ce qui sera donné à voir aux observateurs de la Ligue Arabe fraîchement débarqués en Syrie. Damas montrera "sa" réalité, sommes-nous avertis. Comprenez : si les observateurs ne relèvent pas de massacres, tortures et autres horreurs, c'est qu'elles leur seront cachées. CQFD.

Toujours cette vieille mécanique désinformative. Ses rouages et grosses ficelles ont beau avoir été mis à nu avec l'histoire des armes de destruction massive iraquiennes, elle n'a manifestement pas fini de faire de l'usage.

 Nous ne savons rien d'Assad et de son régime. Peut-être est-ce une ordure aux mains plus rouges que Staline, méritant cent fois la décapitation ? Ou pas. Si vous voulez le savoir, ou à tout le moins vous en faire une vague idée, il faut aller chercher vous-même les informations : ne les attendez en aucun cas de Laurence Ferrari.

Vous nous trouvez excessivement contrarien, cher lecteur ? Parano, peut-être ? C'est possible. Mais notre grille de lecture des événements de ce monde nous fait accueillir sans aucune surprise, comme une chose logiquement inscrite dans un ensemble cohérent, la présence de la Corée du Nord au sein de l'ONU, et la mise en berne du drapeau de cette organisation à l'occasion du décès de Kim Jong-Il.

Tout le monde ne peut pas en dire autant.

Robert Willard
le 28/12/11

Repost 0
Published by Robert Willard
commenter cet article
22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 17:14

Bonsoir cher lecteur,

Si vous aviez envie de contester la réalité du génocide arménien (perpétré par les Turcs durant la première guerre mondiale) - eh bien c'est trop tard. C'est interdit. Sauf à encourir une lourde amende, voire de la prison.

Bien. Voilà les Arméniens au même régime que les Juifs, donc. Une nouvelle avancée du Droit dans son acception terroriste,  au sens de directement issu de l'esprit de la Terreur - qui seule est recevable pour  les peigne-culs gayssotistes grands moralisateurs de la république.

Pour mémoire, cher lecteur, la Terreur est cette période fameuse de notre Révolution où fut votée, entre autres joyeusetés, la "loi des suspects", qui autorisait l'arrestation immédiate, sans preuve ni motif, de tous ceux qui "n'[avaient] pas constamment manifesté leur attachement à la Révolution " ou de ceux qui " n'ayant rien fait contre la Liberté, n'[avaient] rien fait pour elle" (septembre 1793) - ceci pour le salut de la République menacée par les coalisés de l'extérieur, et les traîtres de l'intérieur.

Le parallèle est saisissant avec nos modernes lois anti-négationistes : remplacez les mots "révolution" et "république" par "croyance en les génocides juif et arménien" et vous retrouvez, sur le fond, les textes contemporains.

Vous vous demandez où est aujourd'hui la menace que devait affronter la République de 1793, et qui pouvait justifier des mesures aussi radicales ?

Il faudrait au moins BHL pour répondre à pareille question. Lui saurait, sans aucun doute, vous démontrer quel péril plane sur les communautés juives et arménienne de France, vous décrire avec lyrisme et grands effets de chevelure les affres dans lesquelles elles vivent au quotidien.

Nous détestons la clique de mégalomanes, fous furieux et psychopathes sanguinaires qui ont pondu la "loi des suspects" - mais au moins ont-ils appelé la terreur, la Terreur, c'est-à-dire assumé leur choix politique.

Aujourd'hui, symptôme ô combien révélateur d'une époque de lâcheté institutionnalisée, nos parlementaires se cachent derrière le Droit (et les Droits d'entre les Droits, ceux de l'Homme) pour commettre leur tyrannie - comme on se cache derrière un sapin pour chier.

Robert Willard
le 22/12/11

Repost 0
Published by Robert Willard
commenter cet article
17 décembre 2011 6 17 /12 /décembre /2011 13:00
Repost 0
Published by Robert Willard
commenter cet article
13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 20:45

Bonsoir cher lecteur,

Nous redoutions dans une précédente chronique l'avènement d'un FME, version européenne du FMI, mais ce n'est pas pour tout de suite. Pour parer aux éventuelles défaillances de membres de la zone euro, les crânes d'oeuf de Bruxelles ont trouvé un montage beaucoup plus... disons, différenciant. Quelque chose qui porte la marque européenne, d'immédiatement identifiable - griffé, voilà le mot : un montage griffé Zone Euro.

Il s'agit du déjà fameux MES (Mécanisme Européen de Stabilité). Le MES n'est pas le MESF (Mécanisme Européen de Stabilité Financière), ni le FESF(Fonds Européen de Stabilité Financière) : il en est, en quelque sorte, la fusion (pour plus de détails, reportez-vous à ce très bon article de l'Observatoire de l'Europe).

Oui, cher lecteur, vous l'avez noté : la stabilité est à la mode à Bruxelles. Elle est aux concepteurs des Fonds, Mécanisme et autres bazars financiers zoneuropéens, ce que la "fraîcheur" est aux fabriquants de déodorants. Et tout comme ces produits à base d'anti transpirant dangereux pour la peau, le MES contient un agent hautement toxique pour les économies auxquelles il sera appliqué : le FMI.

Car le FMI est désormais officiellement considéré comme l'expert, avec pouvoirs codécisionnaires, dont il faudra suivre les conseils dans le processus d'application du MES : acceptation ou refus des candidatures, définition des contreparties économiques à mettre en oeuvre par les candidats.

Voilà qui est dans l'ordre des choses, car le FMI est le frère en dogmatisme de l'institution européenne. Et ce n'est pas nous qui le disons, mais le propre Bureau Indépendant d'Evaluation du FMI, dans un rapport publié au beau milieu de l'affaire touchant... Stauss-Kahn (!), et passé totalement inaperçu : « Recherche institutionnellement orientée », « biais idéologiques », « autocensure », « conclusions préconçues », « faible diversité d’approches théoriques et, plus encore, empiriques », « étroitesse de vues », « cadre analytique inapproprié aux réalités des pays étudiés », « incapacité répétée à citer des travaux de chercheurs locaux », sont quelques-unes des conclusions des rapporteurs - manifestement très indépendants en effet (on pourra lire ceci sur le sujet).

Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz n'est pas plus tendre dans son livre La grande désilusion, où il nous est expliqué comment, et pourquoi, l'action du FMI est le plus souvent néfaste pour les pays sollicitant son concours. Nous vous recommandons vivement de lire ce bouquin.

On pourra dire, avec Stiglitz, que le FMI n'agit pas ainsi par bêtise, mais pour l'intérêt  bien compris d'agents n'ayant rien à voir avec les pays supposés "aidés" - et que son apparent dogmatisme dissimule en réalité le plus cynique pragmatisme : le résultat sera le même.

Et la place occupée par cette dernière institution dans les statuts du MES ne doit laisser aucun doute quant à ce qui arrivera aux nations défaillantes : elles auront droit au remède du FMI, cet élixir de charlatan dont la seule et unique vertu est d'enrichir son prescripteur - au très grand détriment de la santé du patient.

L'Irlande et la Grèce sont déjà sous les redoutables effets de cette potion frelatée. Mais l'Islande, qui l'avait largement recrachée, est en passe de se rétablir à une vitesse qui laisse pantois jusqu'au FMI lui-même (l'Islande a refusé, contrairement aux prescriptions européano-éfémiesques, de renflouer ses banques aux frais du contribuable, et les a laisser faire faillite en 2008).

Aucun doute non plus quant à l'estime en laquelle Bruxelles tient le principe démocratique, pour abandonner de telles prérogatives à une institution complètement étrangère à l'Europe, et plus encore à la Zone Euro, et totalement dénuée de la moindre représentation populaire, même très indirecte, à quelque niveau que ce soit. (Les courageux trouveront ici un topo sur la question.)

Oui, décidemment, nous avons là une "vraie avancée européenne".

Et pendant ce temps-là, notre Président de la République reçoit à l'Elysée l'équipe du film des Intouchables.

C'est pas du Grand Cirque, ça ?

Robert Willard
le 14/12/11

Repost 0
Published by Robert Willard - dans Europe
commenter cet article