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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 20:25

spéculation

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Published by Robert Willard
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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 18:53

Bonsoir cher lecteur,  

On dit des gens que c'est dans l'adversité qu'ils montrent leur vrai visage. Généralement, ceux qui se révèlent égoïstes, ou peu fiables, ou agressifs, ne sont pas très appréciés.  

ormalement, on passe la majorité de son existence relativement calmement. Il semble non pertinent, statistiquement parlant, d'accorder trop d'importance au comportement des gens en situations de stress intense - puisque celles-ci ne se produisent que rarement.

Pourtant, c'est un des premiers critères de jugement que nous utilisons pour qualifier une relation : la capacité à rester généreux, aimable, de bonne compagnie - quels que soit le contexte et les épreuves rencontrées.  

N
ous avons besoin de gens fiables autour de nous. Les autres ne sont bons que pour faire la fête, mais on ne les inscrits pas dans sa "vraie" vie.  

D
e même des institutions qui structurent notre société. Nous avons besoin de savoir qu'elles nous protégeront en cas de coup dur - protéger devant être entendu non pas au sens d'assister, mais au sens de permettre au citoyen de s'en sortir, le moins douloureusement possible, par ses propres moyens.  

A l'aune de ce critère, que nous vaut donc l'Europe, à nous Français ?  

La Grèce, l'Irlande, le Portugal ont rudement déconné pendant les années grasses. PLus que les autres, ils se sont offert une croissance à crédit. Ces  pays nous ont coûté beaucoup d'argent, et  vont nous en coûter encore (on attend de quelle manière va être présentée le défaut pur et simple de la Grèce sur sa dette). L'Espagne et l'Italie aussi vont bientôt faire la queue au guichet du Fonds Européens de soutien Financier (ou du MES, ou MESF, ou même de la BCE : appelez-ça comme vous voudrez ! ) L'Europe les assiste - mais ne nous protège pas.  

La révolution tunisienne a projeté en Italie une nuée de migrants, tel un volcan crachant ses scories. On s'attendait plutôt à voir affluer en Tunisie "libérée" tout ou partie de sa diaspora, dans un grand élan de reconstruction enthousiaste. Mais apparemment bon nombre de Tunisiens avait l'intention de reconstruire leur pays depuis l'Italie.  

Enfin : depuis la France, plus exactement.  

Car ces émigrants visaient la France. Les Italiens le savaient bien, c'est pourquoi ils leur ont accordé généreusement des visas les autorisant à circuler en Europe, et donc à venir en France (et débarrasser le plancher italien). Nous n'en voulions pas, mais nous les avons eu quand même.  

Notre déficit commercial bat record sur record, mois après mois.

L'Angleterre a quitté le navire  (le Costa Europa de la politique), et préfère se faire remorquer dans sa chaloupe. Elle coupera l'amarre quand viendra le nauffrage.

Voyons voir : les pays européens inconséquents nous pompent notre épargne pour les renflouer, les lois européennes nous obligent à accueillir des immigrants dont nous ne voulons pas,  le marché européen ruine notre industrie (à tout le moins, ne lui est d'aucune aide), et un des plus gros contributeurs nous plante sans vergogne, pensant s'en tirer mieux tout seul. 

Manifestement, si l' Europe nous a peut-être donné des joies durant les années fastes - nous disons bien PEUT-ÊTRE, il est en revanche CERTAIN qu'elle reprend tout, et au centuple, durant cette période de crise.  Et l'esprit de solidarité qui est censé l'animer pue un tantinet le faisandé... 

Elle est bonne pour faire la fête, mais pas fiable pour un rond quand vient la mouise.  

Fuyez-la.

Europa delenda est.

B
ob Willard  
01/02/2012

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 14:40

Bonjour cher lecteur,

Des nouvelles de notre ami Fransesco (Schettino, le commandant du Concordia) - plus exactement, une info intéressante que nous avons glanée. D'après une ancienne hôtesse ayant officié sur des paquebots du type Concordia, il est possible qu'il y ait eu des négligences dans l'information des passagers quant aux consignes à suivre en cas de problème : mais, selon son expérience, il est plus probable que ces consignes aient bien été données, mais que les passagers n'en aient strictement rien eu à foutre. Peu se rendent à la convocation pour information, dit-elle. Et ceux qui y vont, oublient les consignes, aussitôt entendues.

C'est assez plausible, il faut le reconnaître. On n'imagine pas une armée de 4500 croisièristes low-cost, au garde-à-vous, écoutant religieusement la déclinaison en cinq langues de procédures chiantes, se rapportant à une situation hautement calamiteuse qu'ils n'ont aucune envie de seulement envisager. Ils sont venus là pour bâfrer, siffler des cocktails, se dorer la pilule au bord de la piscine et photographier des dauphins bondissant gracieusement autour du navire, pas pour apprendre à survivre à un éventrement du barlut sur un récif ou à l'explosion de la salle des machines.

Cette même ancienne hôtesse nous apprend que dans certains exercices d'évacuation, le protocole prévoit la présence du commandant à bord d'une chaloupe, donc à l'extérieur du navire, pour coordonner plus efficacement les opérations. Nous ne savons pas ce que vaut le témoignage de cette personne. Mais il a le mérite de relativiser la responsabilité de la compagnie, et d'amener à considérer autrement, peut-être, l'"abandon" de son bâtiment par Fransesco.

A suivre...

Rien à propos de l'intervention de Sarkozy : les mesures de "bon sens", c'est bien ; si tard, c'est con.

Nous préférons vous parler de la Syrie.

Il s'y passe des choses vraiment étonnantes. La mission d'observation déléguée par la Ligue Arabe est ajournée, en raison de "la grave détérioration de la situation [...] et du recours continu à la violence" d'après le n°1 de la Ligue, Nabil Al-Arabi. Il y a de quoi être un peu dérouté par cette explication, dans la mesure où, nous avait-il semblé, c'était précisément ce "recours continu à la violence" qui avait motivé cette mission.

Et l'on s'enfonce encore un peu plus dans la perplexité  à la lecture de Georges Malbrunot, spécialiste de l'Orient au Figaro : on y apprend que l'"insurrection armée" fait quasiment jeu égal avec les forces de Bachar, auxquelles elle livre de sanglants combats de rue. Il y a quelques semaines à peine, rappelez-vous, il n'était question que de "manifestants pacifiques" honteusement massacrés par les sbires assadistes, tombant sous les balles des mitrailleuses et des fusils à lunettes des snippers. Aujourd'hui, le pouvoir en place doit mobiliser "toute sa puissance" pour contenir l' "Armée Syrienne Libre".

On ne peut qu'être admiratif devant la rapidité et l'efficacité avec lesquelles de pacifiques manifestants hachés menus par une épouvantable répression, se sont organisés en une "armée libre" capable de tenir tête aux troupes régulières.

On peut aussi se poser des questions et lire ce qui se dit d'autre à propos de ce conflit. Ici, par exemple.

Nous finirons sur cette blague, que nous trouvons excellente : "Ben Ali, Moubarak, Kadhafi, Bashar el-Assad et les islamistes sont sur un bateau. Ben Ali, Moubarak, Kadhafi et Bashar el-Assad tombent à l'eau : qui reste-t-il ?"

Robert Willard
le 30/01/12

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 10:42

Cher Monsieur Chouard,

Je suis depuis quelques temps votre très intéressant projet de "constitution citoyenne". J'ai parcouru le blog que vous y consacrez, et lu l'interview que vous avez accordée au blog CQFD. A ce stade, il me paraît intéressant de vous faire part de mon ressenti, convaincu que je suis qu'une contradiction courtoise et argumentée est toujours au bénéfice d'un porteur de projet motivé et intelligent.

Voilà ce qui me perturbe (car, vous l'aviez deviné, je suis perturbé) :

votre propos, si je l'ai bien compris, est entre autre de moraliser la vie politique, en en éloignant les "affreux" (avides de pouvoir, profiteurs, etc.). Et pour ce faire j'ai noté que vous envisagez de multiplier les niveaux de contrôle de l'activité des élus (qu'ils le soient par tirage au sort, ou pas) : ils doivent "rendre des comptes à la fin de leur mandat", sont en permanence sous "contrôle citoyen" et "révocables" à tout moment. En outre, les citoyens ont la possibilité de les court-circuiter via des "référendum décisionnels".

Foutre ! Ce n'est plus un parlement, c'est une maison de correction ! Pas la moindre place pour la notion de "confiance" dans ce dispositif : le parlementaire y est traité, semble-t-il, comme un criminel dont il convient de neutraliser à chaque seconde les  mauvaises pulsions. Mais comme il est parfaitement représentatif du "citoyen ordinaire" (puisque, par exemple, tiré au sort)... quelle idée devons-nous avoir du peuple dont il est issu ? Pas reluisante. Mais ce peuple, ces citoyens... ne contrôlent-ils pas le Parlement, au fait ?

Tout cela est sinistre. Je ne crois pas qu'il soit raisonnable d'envisager une quelconque forme de gouvernement respectable sans la CONFIANCE des citoyens en ceux qui y siègent.

Il faut pouvoir croire que nos élus sont vertueux. Il faut pouvoir croire que la pire punition qu'ils puissent recevoir en cas d'erreur ou de faute - est le seul fait d'avoir commis cette erreur ou cette faute - et qu'il n'est pas besoin d'en concevoir d'autre.

Ce qui est décrit dans cette constitution citoyenne, est tout le contraire du fondement d'une société morale et responsable : c'est le présupposé de l'indignité de chacun.

C'est une utopie désespérante. Utopie, parce qu'elle rêve un monde régi par la libre confrontation permanente des idées de tous, à tous propos - comme les économistes néo-classiques ont rêvé la "concurrence pure et parfaite" pour régir les marchés ; désespérante, parce qu'elle traite comme des bandits ceux qui auraient pour tâche de la concrétiser, et, par là même, l'ensemble des citoyens, dont ils seraient issus.

Quitte à rêver, je préfère imaginer une société dont les élus seraient si excellents et si vertueux, qu'aucun contrôle que l'on leur imposerait ne serait plus impitoyable que celui qu'ils s'imposeraient à eux même - et aucune punition, plus douloureuse que la conscience de leur échec, ou de leur faute.

C'est une pure utopie aussi, mais au moins elle est bandante.

(Qui contrôlerait les citoyens qui contrôleraient les parlementaires ?...)

Tout ceci se résume en une question, donc : quid de la CONFIANCE ?

Voilà cher Monsieur Chouard, mes réflexions : je vous les livre comme ma modeste contribution au passionnant débat que vous avez entrepris d'animer, avec l'espoir qu'elles intéresseront.

Au plaisir de vous lire...

Robert Willard
le 28/01/12

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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 08:37

Bonjour cher lecteur,

Nous avons regardé François Hollande hier soir, invité de l'émission "Des paroles et des actes". Nous attendions, comme tout le monde, la séquence "débat" qui devait l'opposer à Alain Juppé.

Nous n'avons pas du tout aimé l'intervention de Juppé - et, sans avoir encore lu aucun sondage à ce propos, nous ne serions pas surpris d'apprendre que beaucoup de nos compatriotes sont dans notre cas.

C'est un erreur de l'avoir envoyé sur ce coup-là. Juppé a sans doute des tas de qualités, mais c'est un crâne d'oeuf. Il n'est pas sympathique. Et il a été spécialement malavisé hier soir, en s'essayant à l'humour (qu'il manie comme un croque-mort), et en prenant de haut François Hollande. Celui-ci nous en a paru, par un classique contre-coup, beaucoup plus aimable qu'à l'ordinaire.

(Même s'il nous a fait frissonner lorsqu'il a laissé entendre qu'il n'excluait pas d'imposer des quotas ethnico-sociaux dans les entreprises pour lutter contre la ségrégation visant les "populations défavorisées". Ce fut dit sans le dire, juste après qu'il eût promis d'en finir avec les contrôles d'identité au faciès.)

Non, Juppé n'était pas une bonne idée. Le comble de son antipathie fut atteint lorsque apparut sur sa lèvre inférieure une de ces redoutables petites boulettes blanches, gluantes, qui s'étirent en un filament répugnant au gré des ouvertures et fermetures de bouche. Outre qu'elles sont peu ragoûtantes et hypnothysantes, elles sont notoirement symptomatiques de sècheresse buccale induite par un haut niveau de stress. Cette déficience salivaire, qui révélait un homme inquièt derrière son arrogance inutile et ses tentatives d'humour terrifiantes, acheva de faire pencher nos sentiments du côté hollandéen.

C'est bien dommage.

Robert Willard
le 27/01/12

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 14:24

Bonjour cher lecteur,

Rebondissement dans l'affaire du paquebot Concordia échoué sur la côte italienne : Fabiola Russo, l'épouse du sémillant commandant du navire, dénonce le "lynchage" médiatique dont il est victime. Elle affirme qu'il n'a rien à voir avec le play-boy branleur décrit par la presse : c'est, tout au contraire, un homme sérieux et méthodique, au professionnalisme éprouvé. Il servirait de bouc émissaire dans cette affaire, dont la responsabilité serait à partager avec la compagnie Costa, employeur du commandant. C'est ce que prétend aussi ledit commandant, Francesco Schettino : il n'a rien fait de pire que ce qu'il pratique depuis des années, comme la plupart de ses pairs, avec la bénédiction de ses employeurs.

Bon. C'est possible. Mais ces protestations seraient certainement reçues avec d'avantage de bienveillance si Francesco n'avait pas abandonné son navire en train de couler avant tous ses passagers ; et plus encore, s'il n'avait ce physique si déplorablement avenant. Quant à tirer cette histoire au clair, sans contestation possible aucune, voilà qui nous semble relever de la formalité. Car il n'est pas concevable que des bâtiments de cette taille (en gros, l'équivalent d'une Tour Eiffel flottante), comportant la crème du luxe équipementier, ne soient pas équipés, à tout le moins, de l'équivalent d'un GPS - ou de quelque autre de ces gadgets radiotéléphoniques qui permettent aujourd'hui de localiser, au mètre près, le plus misérable des téléphones portables. 

Nous attendons, donc, qu'une enquête soit menée en ce sens pour que lumière soit faite sur les véritables pratiques de ces compagnies maritimes. Qui sait : cela pourrait occasionner quelques éclaboussures. A suivre.

Pendant que le beau Francesco se morfond en résidence surveillée, et que Sarkozy coule... dans les sondages, François Hollande garde fermement la cap sur son pédalo, et nous en dit un peu plus sur son programme.

A notre surprise, nous sommes d'accord avec bon nombre des mesures prévues. Celles touchant la finance sont frappées au coin du bon sens, qui taxent, ou interdisent, les transactions et les produits financiers sans rapport avec "l'économie réelle" ;

la séparation des banques d'affaire et de dépôt : pourquoi pas ;

la volonté affichée de promouvoir la productivité des PME : très bien - à voir par quels moyens ;

le réquilibrage de la fiscalité des grandes entreprises relativement aux PME : évidemment oui.

En revanche, la baisse des prix des médicaments : non. Nous aimerions plutôt une incitation à la division par deux (pour commencer) de la consommation, et une division par quatre de la taille des conditionnements (ce qui éviterait aux foyers français de se retrouver avec de véritables officines pharmaceutiques à leur domicile, dont les stocks sont pour une bonne part périmés) ;

le droit de vote pour les étrangers, communautaires ou pas, ne doit même pas faire débat : c'est une connerie sans nom. Un étranger, est un étranger. Ou bien quoi ?

le mariage gay et le droit d'adoption pour les couples homosexuels : dans le même sac que le droit de vote des étrangers. Les aveugles ont-ils "droit" à la vue ? Bon.

Etc. Nous dirons que, très globalement, nous souscrivons au projet économique et fiscal, mais que le volet social du programme nous fait tousser. C'est le problème avec les socialistes : même quand on veut être d'accord avec eux - on ne peut pas.

Pour fnir nous attirerons votre attention sur un point révélateur d'un changement de mentalité. Parmi ses mesures économiques de soutien aux entreprises, François envisage celle-ci : «Notre système fiscal sera adapté à la situation des entreprises exposées à la compétitivité et qui produisent en France». Ce genre d'"adaptation" de la fiscalité, cher lecteur, se nomme "protectionnisme", en bon français.

Notez-le bien : le protectionnisme sera une notion clé des différents programmes économiques de cette campagne, tous bords confondus.

Robert Willard
le 26/01/12

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 18:52

"Mon adversaire, c'est la finance !"

Voilà une déclaration comme nous les aimons, cher lecteur !

Tellement inattendue !

Et tellement sincère, de toute évidence !

Qui lui sort littéralement des tripes, à François. Quel jaillissement ! Quelle fougue ! Quelle révolte !

Quel Chef !

Avec lui au moins, ces enfoirés d'affameurs financiers vont comprendre leur douleur : ça va chier des bulles !

Nous n'étions pas spécialement disposé à voter pour lui, mais après cette impétueuse déclaration de guerre, nous voilà hésitant.

Hésitant seulement, oui, mais ne doutant pas d'être rapidement convaincu. Pour ce faire François n'a plus qu'une simple formalité à régler : nous expliquer que la position de vice-président du Cercle de l'Industrie de son directeur de campagne (et donc, en quelque sorte, "bras droit"), Pierre Moscovici, n'entame en rien sa parfaite indépendance à l'égard de la "finance".

(Le Cercle de l'Industrie regroupe une trentaine d'entreprises du CAC40 : il se veut "un lieu de dialogue et d’échanges destiné aux grandes entreprises industrielles", sur la thématique du développement et d'autres trucs que nous vous laissons découvrir ici. C'est un lobby patronal, donc.)

Nous nous inquiétons certainement à tord, mais on voudra bien nous pardonner cet ultime scrupule de quasi-converti. Nous sommes ... perturbé, à l'idée de Moscovici siégeant, lors des réunions du conseil d'administration du Cercle de l'Industrie, aux côtés des hauts responsables d'EDF, Air Liquide, Alstom, Saint-Gobain et Lafarge.

Car, s'il n'y a pas lieu d'y voir malice dans le principe (lequel est des plus louables sur le papier), on ne peut se défendre d'un certain trouble à la lecture de la composition de l'actionnariat de ces sociétés :

pour Air Liquide,  c'est 63% du capital détenu par des "investisseurs institutionnels" (ou "zinzins" pour les spécialistes), c'est-à-dire banques, fonds d'investissement, assurances ;

Alstom est détenu majoritairement par Bouygues, lui même détenu à 40% par des "actionnaires étrangers"  ; 

Saint-Gobain appartient pour 60% aux "zinzins", et pour 17% à Wendel (société d'investissement) ;

Lafarge : 50% "zinzins", 21 % Groupe Lambert Frères (société financière) ;

EDF enfin, détenu à seulement 13% par les institutionnels.

Notre trouble vient de ce que, naïvement, nous assimilions jusqu'à présent les banques, fonds et sociétés d'investissements, compagnies d'assurances, et sociétés financières, au monde de la "finance" contre lequel François vient d'entrer en guerre. Mais il s'agit sûrement là de "gentils", l'équivalent financier des supplétifs indigènes de nos guerres coloniales.

François nous expliquera tout ça.

Nous avons hâte !

Robert Willard
le 21/01/12

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 15:11

Bonsoir cher lecteur,

Voyons un peu ce qu'il y a au programme du Grand Cirque en ce moment, si vous le voulez bien.

La vedette est incontestablement tenue par Francesco Schettino, le capitaine du cargo de la compagnie Costa échoué sur la côte italienne. Il y a une semaine à peine, Francesco avait la belle vie - un beau navire, un bel uniforme, un beau bronzage et de belles dents blanches, qui devaient lui valoir l'attention de pas mal de belles passagères. Et le voilà aujourd'hui détesté de la planète entière, sous le feu d'un véritable Pearl Harbor médiatique. Les jolies italiennes crachent sur sa photo en le traitant de codardo, de bastardo, et peut-être même de frocio (car on est volontiers cruel envers ses idoles déchues). Sa vie est foutue - pour quelque temps. Puis il écrira ses mémoires et on fera un film catastrophe... de la catastrophe ; peut-être y jouera-t-il son propre rôle. Quant à savoir s'il est réellement le branleur froussard que l'on nous dépeint aujourd'hui, c'est tout simplement impossible. Aucune autre version du personnage n'intéresse les médias : laquelle serait plus vendeuse ?

Après le Capitano Codardo, nous avons, dans le rôle de boucs émissaires désignées à la furie populaire, les agences de notation. Voyez avec quelle réjouissante unanimité les politiques de tous poils s'égosillent après leurs décisions ! Avec quel (louche) empressement ils en font les principales, sinon seules et uniques, responsables de nos déboires économiques et financiers ! Bayrou et Mélanchon se disputent la plus grande gueule, la vocifération la plus guerrière, rivalisant de ridicule à coup d'appels trémolants à la "résistance" contre les Satan&Poor's et consors. Le Pen jubile, sourire plus carnassier que jamais - évidemment : elle nous "l'avait bien dit". Plus généralement, toute la classe politique européenne gueule et vomit à l'unisson. Conneries. Il faudrait tout de même se rappeler qui a construit et piloté ce barlut ingouvernable qu'est l'Europe, et qui en sont les membres d'équipage. Les agences sont autant responsables du naufrage européen, que la pétroleuse Moldave embarquée par le capitano Francesco et pour les beaux yeux de laquelle, allez savoir, il aura voulu faire le cacou avec son rafiot - que cette pétroleuse, donc, n'est responsable du plantage du Concordia. Les codardos et bastardos ne sont pas du côté de l'atlantique que l'on nous désigne, cher lecteur. Et s'ils n'ont pas encore abandonné le navire, ce n'est pas par bravoure et sens du devoir : c'est parce qu'il n'y a pas de canots de sauvetage. Et qu'ils ne savent même pas nager - ces cons !

Nous finirons par la très honorable prestation dont nous gratifie l'équipe d'observateurs de la Ligue Arabe en mission en Syrie. Ils ont le jeu encore un peu brouillon des débutants, mais le spectacle est d'une fraîcheur charmante. Ces observateurs qui débarquent dans la précipitation, sans aucune formation (la mission aurait été improvisée sous la pression de la Russie, qui avait son intérêt à cette inefficacité programmée). Qui n'observent rien du tout - ou en tous cas, pas ce que l'ONU avait décidé qu'elle devait observer. L'ONU qui propose, donc, de "former" une nouvelle équipe d'observateurs - dont on ne doute pas qu'elle "observerait", elle, comme il conviendrait, des tas de choses très préjudiciables à l'image de Bachar (témoignage d'opposant torturé ; récits de massacres ; idéalement elle découvrirait un ou plusieurs charniers : le charnier est une valeur médiatique très sûre). Quoi qu'elle rapporte, ne comptez pas sur cette mission pour faire état de la présence de groupuscules islamistes dûment armés au sein des "manifestants pacifiques", encadrant et attisant le mouvement. Cet ingrédient-là n'est pas prévu dans la salade que nous devons avaler.

Méditez bien ceci, cher lecteur : lorsque le consensus médiatique est unanime et qu'un seul son de cloche est audible, ça pue l'embrouille.

Bon week-end !

Robert Willard
le 20/01/12 

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 19:03

Bonsoir cher lecteur,

Nous allons revenir sur les dernières propositions d'Eva Joly à propos de l'Aïd El Kébir et du Kippour.

Auparavant, nous voulons vous faire part d'une bonne nouvelle : Gérard Lenormand sort un nouvel album. Hé ! Le truc de son pote Dave a plutôt bien marché, avons-nous lu quelque part : alors, pourquoi pas lui ? Dave avait combiné une recomposition de ses tubes en version "soul" et une série de duos avec des gens n'ayant rien à perdre (chanteurs désespérés, ou amis ni désespérés ni chanteurs ) : Lenormand, lui, n'a rien recomposé du tout. Il a juste fait des duos sur ses tubes, vieux de quarante ans, donc. Nous ne savons pas avec qui ; mais, tant qu'à faire un nouvel album qui l'est si peu, nous aurions conseillé à Gérard d'aller au bout du concept : c'est-à-dire de faire chanter ses compagnons de duo sur les enregistrements originaux - un bon mixage et vogue le nouvel abum ! Cela lui aurait épargné d'avoir à chanter lui-même, ce qu'il ne sait de toute évidence plus faire, et aurait donné au final un résultat de bien meilleure qualité.

Nous faisons gracieusement cadeau de cette idée à Frédéric François pour son prochain nouvel album, qui, au train où vont les choses, ne saurait beaucoup tarder.

Mais revenons à Eva. Nous avons appris que Daniel Cohn-Bendit la soutient pleinement dans ses intentions d'en finir avec les dates historiques de notre calendrier : en voilà un qui a vraiment le chic pour nous agacer. Mais il fallait s'y attendre. Il ne pouvait pas rester silencieux sur ce sujet et donner à penser qu'Eva Joly était plus apatride que lui - Daniel, on le sait, a des principes.

Quant à Eva, elle nous déçoit beaucoup. Nous en étions resté, jusqu'à il y a relativement peu, à cette image d'incorruptible et courageuse défendresse de la justice qu'elle s'était forgée en tant que juge. Nous l'avions en sympathie, comme tous ceux qui luttent contre le crime et la corruption. Hélas, il est désormais clair que son intransigeance envers les criminels, toute louable qu'elle fût, se nourrissait aux répugnantes mamelles du sectarisme et de la plus étroite bornitude intellectuelle - tant il est vrai que connerie et courte vue peuvent être gages, dans certains contextes, de redoutable efficacité.

N'importe quel Français comprend instantanément l'absurdité consistant à mettre au même niveau, en France, la Pâques et l' Aïd - il n'y a là même pas matière à débat - et d'ailleurs, l'unanimité (moins Daniel Cohn-Bendit) s'est faite, à droite comme à gauche, contre cette proposition.

Mais Eva Joly n'est pas n'importe quelle Française. C'est une Française norvégienne (ou une Norvégienne française ?). Et c'est cette composante norvégienne qui rend sa démarche doublement criminelle.

Avez-vous une idée de ce qu'est la Norvège, cher lecteur ? Permettez-nous d'en brosser un tableau rapide, à toutes fins utiles. C'est, avec le Luxembourg, le pays le plus riche du monde (son PIB par habitant est le double du notre), grâce à une confortable rente gazière et pétrolière. Elle est classée première pour l'indice de développement humain (caractérisant, grosso modo, la qualité de vie). Et elle a été élue "pays le plus pacifique du monde" par le "Global Peace Index". Sa densité de population est une des plus faibles de la planète, moins de 5 millions d'habitants sur 380 000 km2 (l'équivalent de la ville de Lyon répartie sur les deux tiers de l'Héxagone).

Vous l'avez compris, la Norvège est un pays où il fait bon vivre, peuplé de gens plutôt "cools". Un pays vraiment sans problèmes - sauf un. Pas trois, ni deux : un seul. Devinez lequel ?

L'islam. Importé par une immigration relativement récente, due à l'attirante richesse de la contrée conjuguée à la tolérance naturelle de ses habitants, et à une démographie faiblarde. Et qui commence, via les revendications et exigences que nous connaissons bien, à devenir sérieusement gonflant pour les autochtones.

LE seul problème en Norvège, notez bien. Si nous, nous le savons, il est raisonnable de supposer qu'Eva Joly ne doit pas l'ignorer.  Il est  donc doublement criminel, dans son cas, de réclamer ce qu'elle réclame - c'est-à-dire, pour la France, la seule chose qui réussisse à menacer la quiétude sociale de son propre pays d'origine.

Oui, Eva a désormais sa place au banc des accusés. Avec Cohn-Bendit, évidemment. Et tous les fanatiques de l"égalité", à laquelle ils ne comprennent rien, et de la "fraternité", qu'ils croient pouvoir imposer par la loi - pour le plus grand malheur de notre liberté, qu'ils ne tolèrent que dans la mesure où elle ne les dérange pas.

Ces gens sont des fous, cher lecteur. De féroces illuminés qui vous arracheraient les yeux pour vous forcer à aimer votre prochain. Il faut relire l'histoire de la révolution française : cette boucherie fut conduite par des gens de leur trempe, qui utilisaient les mêmes mots grandioses et avaient l'air tout aussi insignifiant, avant que le chaos, d'une secousse, ne les porte (brièvement) au pouvoir.

Ca ne se voit pas parce qu'ils n'ont plus la guillotine. Qu'ils la récupèrent et vous verrez.

Robert Willard
19/01/12

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 12:29

Vous l'avez compris cher lecteur, nous allons vous parler du désormais fameux "triple A".

Du fait que nous venons de le perdre, plus exactement - et de l'actualité tournant autour de cet événement.

Rappelons brièvement de quoi il retourne. Les Etats ont besoin de pognon pour financer leurs investissements (et, hélàs, leur budget aussi, pour beaucoup). Ce flouze, ils doivent l'emprunter sur les marchés financiers en émettant des titres de dette assortis d'un certain taux d'intérêt. Plus l'économie du pays emprunteur est réputée pourrie, plus les taux d'intérêts qu'il doit garantir sont élevés pour compenser le risque couru par les prêteurs (ceux qui ont souscrit à de la dette grecque ont une idée désormais très concrète de la réalité de ce risque).

L'état de fraîcheur des économies nationales est noté, sous sa forme la plus médiatisée, de "triple A" pour les plus belles, à "D" pour celles en état de décomposition avancée - en passant par diverses combinaisons alphabétiques des lettres A,B,C représentant autant d'états intérmédiaires.

Cette note est attribuée par des agences de notation privées et indépendantes, dont les trois plus célèbres sont Standard and Poors, Moody's (américaines) et Fitch (française).

S&P, seule sur les trois agences, vient de nous dégommer un "A" : ça suffit pour que nous ne soyons plus classé "triple A".

Ce que Sarkozy nous décrivait comme une forme d'apocalypse, souvenez-vous. Un cataclysme absolu, dont la prévention devait justifier augmentations d'impôts, coupes budgétaires et autres mesures d'austérité drastiques - "sueur, sang et larmes" de notre temps.

Et donc, que s'est-il passé concrètement ?

Rien de très clair, cher lecteur.

L'euro a chuté, puis remonté. La France et l'Espagne (dégradée elle aussi) ont levé sans aucun problème (hier et aujourd'hui) les emprunts dont elles avaient besoin sur les marchés, à des taux inférieurs à ce qu'ils étaient avant dégradation.

Pas l'ombre d'un début de vent de panique.

Vous en êtes étonné ? Il ne faut pas. C'est que la chose était largement anticipée, depuis belle lurette, par les acteurs financiers. Voilà plus d'un an que les grands fonds d'investissement n'achètent plus de dette en Europe, autre qu'allemande. L'écart de taux d'intérêts (spread) entre France et Allemagne intégre depuis des mois la perte d'un "A". Nous avons publié dans ce blog un très instructif graphique montrant en quelle estime la dette française était tenu par les marchés, bien avant que ne soit seulement mentionnée une quelconque intention de dégradation.

Sarkozy est comparable à un charlatan qui vendrait  à prix d'or des vaccins à des naïfs déjà atteints du virus dont il prétendrait les protéger - en leur prédisant les pires souffrances sinon. Il ne se passe rien, cher lecteur, parce que tout s'est déjà passé.

En vérité c'est encore pire que cela, puisque non seulement Sarkozy nous vend son remède trop tard, mais en plus, ce n'est pas le bon !

Nous n'inventons rien, hélàs. Notre président, vous ne l'avez pas oublié, entendait prendre des mesures de réduction des déficits publics, ceux-ci étant présentés comme LA cause de dégradation dont il fallait se prémunir, parce que sinon, les taux d'intérêts blabla, la charge de la dette blablablablabla...

Or l'explication avancée par S&P pour sa dégradation ne mentionne pas du tout prioritairement le déficit public. Au contraire, il y est reproché aux gouvernements des nations dégradées de s'être trop focalisés sur les questions de déficits, et pas assez sur celles de la compétitivité, et de la souplesse du marché du travail !

C'est à se tordre... Enfin, se sera à se tordre dans dix ans, lorsque les choses auront repris un cours normal : pour l'instant, c'est surtout à chier, et à en chier des ronds de frites.

Robert Willard
le 17/01/12

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Published by Robert Willard - dans Actualité divers
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