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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 19:32

L’affaire Syrienne s’envenime, cher lecteur.

On parle de l'envoi de casques bleus à Homs, qui est d'ores et déjà comparée à Sarajevo par certains commentateurs. Que se passe-t-il réellement là-bas ? Nous n'en savons rien. Nous lisons tout et son contraire à ce propos. Des reporters, qui sont allés sur place, disent que l' Armée Libre de Syrie protège la population des exactions des troupes régulières ; d'autres, qui reviennent du même endroit, rapportent que l' ALS terrorise la population, et perpètre elle-même les atrocités qu'elle impute ensuite aux soldats de Bachar.

Quoi qu'il en soit : qu'avons-nous à faire dans cette histoire, nous Français ?

Laissons de côté la justification humanitaire, défense des principes démocratiques et  toute cette rhétorique dont les manifestants yéménites, hachés menu par une répression impitoyable (en tous cas, présentée comme telle) déjà oubliée (cela ne date pourtant que d'octobre dernier), ont pu apprécier toute la valeur.

Oui, laissons de côté ce blabla bidon, et essayons de comprendre.

Nous avons regardé ces derniers jours un reportage animalier des plus intéressants, sur l’extraordinaire capacité d’adaptation du vivant face aux conditions environnementales extrêmes.

On y découvrait une espèce de poissons africains qui prospèrent dans certains lacs dont l’eau provient du ruissellement de montagnes environnantes. Cette eau est si bien filtrée lors de son périple au travers de la roche, qu’elle arrive presque parfaitement pure à sa destination finale – c’est-à-dire débarrassée de tous les micro-organismes animaux et végétaux dont se nourrissent habituellement les poissons. L’espèce qui a réussi à s’y développer néanmoins, survit grâce aux hippopotames qui s’y prélassent durant la journée – en mangeant leurs déjections.

Le documentaire nous proposait ainsi cette réjouissante image d’hippopotames évoluant gracieusement sur le fond lacustre, paresseusement rebondissant tels des cosmonautes parcourant la surface lunaire, chacun suivi d’une grappe de poissons, œil rond rivé sur leur trou de balle et guettant avidement l’arrivée de la selle nourricière – sur laquelle ils se précipitaient frénétiquement en un parfait synchronisme.

Les crétins se moqueront de ces poissons merdophages. Mais il n’y a pas de merde qui tienne pour un poisson : il y a seulement ce qui se mange, et ce qui ne se mange pas. Ceux-là ne se trompent pas sur ce qu’ils avalent.

La France lèche-cul des Américains, si.

Car, de quoi s’agit-il en Syrie ? Probablement, d’une étape dans la conquête complète des Moyen et Proche Orient par les Etats-Unis, qui sera achevée par la destruction, ou la neutralisation politique, de l’Iran. Cela, au double détriment de la Russie qui perdra ses derniers alliés dans la région, et de la Chine, qui compte beaucoup sur l’approvisionnement en pétrole iranien.

Collés au train de l’hippopotame américain on trouve deux sortes de poissons-lécheurs : des vrais, qui ont l’estomac conçus pour digérer n’importe quoi (les Anglais), et des faux, sortes de poissons-couillons, qui après avoir bien fait reluire le fion du pachyderme, seront quittes pour une indigestion carabinée et une ruade dans la poire en guise de remerciement (les Français).

Les Français se sont toujours fait avoir par les compères anglo-saxons dans ce genre de compétition - spécialement depuis 1918. Les Rosbifs se sont gardé la meilleure part de l'empire ottoman lors de son découpage via les accords Sykes-Picot (1916), après quoi ils n'ont cessé de fomenter troubles et agitation sur les territoires sous administration française (Liban, Syrie). Les Américains, eux, ont très efficacement travaillé à nous éjecter d'Algérie et de nos colonies africaines (avec l'aide, dans certains cas, des Israéliens).

Sarkozy espère-t-il être plus malin que ses prédécesseurs, et retirer quelque profit de sa participation au "printemps arabe" ?

En fait, nous espérons qu'il l'espère - et qu'il ne fait pas cela uniquement par américanisme amoureux et idiot (ce dont nous l'imaginons capable, aussi incroyable que cela puisse paraître).

Mais Sarkozy faisant mieux que De Gaulle sur ce chapitre n'est pas chose raisonnablement envisageable.

Plus probablement, donc, nous n'y gagnerons RIEN DU TOUT, qu'un double bras d'honneur anglo-américain et un tenace goût de merde dans la bouche.

Robert Willard
le 13/02/2012

 

 

 

 

 

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Published by Robert Willard
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