Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 18:16

Bonsoir cher lecteur,

Il se passe de drôles de choses aux Etats-Unis ces derniers temps.

Il semble qu'une sorte de "Loi des Suspects" soit entrée en vigueur là-bas en décembre dernier - une de ces lois comme on ne les aime pas beaucoup, qui autorise l'armée à arrêter n'importe qui, n'importe quand et n'importe comment, pour une durée indéterminée et sans droit à un avocat, pour peu qu'on lui colle sur le dos une accusation de "terrorisme".

Dans le même mouvement, Barack se met à gouverner par voie de décrets, passant par dessus la tête du Congrès dont la majorité républicaine paralyse toutes ses initiatives.

Autant cette dernière manoeuvre ne nous émeut guère (quand la démocratie se met en mode "autobloquant", le gouvernement a légitimité à employer la clé à molette), autant le dernier sous-produit législatif du Patriot-Act nous laisse perplexe.

Non pas qu'il nous surprenne plus que ça, dans son prinicipe, de la part des Américains. Ceux-ci sont coutumiers des crises de paranoïas aigues avec réduction drastique des libertés individuelles - les deux épisodes les plus fameux en la matière étant sans doute la "prohibition" (1920-1933) et la "chasse aux sorcières" maccarthyste (1953-1954). C'est leur culture puritaine qui veut ça. (Plus exactement, c'est leur connerie - mais "culture puritaine" fait plus cultivé.)

Non, c'est le timing qui nous étonne. Pourquoi maintenant ? Les Américains seraient-ils davantage menacés aujourd'hui qu'il y a dix ans par le terrorisme ? Al Qaïda semble pourtant très occupée sur le continent africain en ce moment, notamment en Afrique sub-saharienne et en Somalie, sans compter sa propable implication dans les merdiers irakien, afghan et Syrien, et les prometteurs chantiers des pays arabes récemment "libérés" (Tunisie, Egypte, Libye).

Si nous étions dirigeant d'Al Qaïda, nous nous concentrerions sur ces champs d'action (déjà pas si concentrés que cela), dont les retombées de long terme sont potentiellement immenses, plutôt que de gaspiller des ressources déjà maigres à faire péter des buildings aux Etats-Unis.

Faut-il donc voir dans ce durcissement législatif, non pas une réaction à une menace identifiée, mais l'anticipation d'une menace, qui pourrait répondre à une future initiative américaine - comme, disons, un conflit armé avec l'Iran ?

Mystère et djelaba !

Robert Willard
09/01/12

Partager cet article

Repost 0
Published by Robert Willard
commenter cet article

commentaires