Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 13:31


Lettre ouverte au Président de la République

Monsieur le Président,

Nous nous permettons de vous écrire, pauvre vermisseau de contribuable que nous sommes (le terme exact serait plutôt contribuant) - car nous pensons avoir la solution aux problèmes économiques et financiers que traverse notre pays.

A lire la presse et à écouter les journaux télévisés et autres émissions de vulgarisation, il nous est apparu que le maître obstacle à notre bonheur retrouvé est l'absence de croissance de notre PIB.

En  effet, TOUT semble se rapporter, directement ou indirectement, à la valeur de cet indice - en tout premier lieu le ratio ayant valeur quasi religieuse, nous voulons dire le rapport dette publique / PIB.

Beaucoup de décisions très importantes sont prises basées sur ce ratio, avons-nous compris. Les investisseurs institutionnels le consultent pour fixer leur politique et décider d'arbitrages -  qui influenceront directement les taux auxquels empruntent les états ; les spéculateurs essaient d'anticiper les décisions de ces investisseurs ; les agences de notation s'y rapportent pour l'élaboration de leurs "notes" dont vont s'inspirer investisseurs et spéculateurs. Il est le premier critère de comparaison de pays à pays (ramené, éventuellement, au nombre d'habitants).

Bref : Il est à l'économie ce que le thermomètre est à la médecine.

Et tel ce thermomètre fiché dans le fondement d'un tuberculeux, notre ratio a atteint un niveau symptomatique de graves dysfonctionnements - potentiellement létal.

Mais que faire pour le ramener à une valeur qui rassurerait la commauté économique tout entière, et ferait de nous une nation courtisée par les investisseurs et les industriels du reste du monde, et nous ouvrirait grandes et béantes les portes d'un avenir redevenu radieux, bien que socialiste ?

Nous n'ignorons rien des mesures que vous avez proposées et, pour certaines, déjà prises en ce sens, ô présidentiel président, si beau quand vous vous repentez, et viril dans votre mépris pour l'exactitude historique mais-c'est-un-autre-sujet ; nous savons ces mesures, donc, dont l'ambition affichée est de ramener le déficit public à 3% du PIB dès l'année prochaine.

Mesurettes, Monsieur le Président, avec tout notre respect ! Mesurettes !

Regardez-nous dans les yeux s'il vous plaît, ô vous si martial quand vous paraphrasouillez Zola - et écoutez bien.

Voilà ce que vous devez faire, cher Président :

-Vous devez interdire à tout propriétaire de chien, de promener lui-même son animal.

-Vous devez décréter obligatoire un minimum d'une promenade quotidienne par chien, trois-cents trente jours par an.

-Les promenades seront obligatoirement "croisées"  et "compensées": deux propriétaires de chien(s) s' échangeront leur(s) compagnon(s) poilu(s) (un chien sera promené deux fois en échange de deux chiens promené une fois, par exemple).

-Les promenades seront obligatoirement rémunérées à raison de mille euros, au forfait, par chien : les propriétaires des animaux promenés, donc, s'entre-paieront.

-Les revenus issus de ces promenades seront imposés au même taux que les transactions financières, soit 0.1%.

Quels résultats pour cette mesure, ô éminent réclameur du droit de vote pour les étrangers ?

Il y a huit millions de chiens en France, qui seront donc promenés trois-cent trente fois par an ; à raison de mille euros la promenade, il en sort deux mille six cent quarante milliards d'euros annuellement, qui viendront, abracadabra, s'ajouter à notre PIB, actuellement de mille-huit-cents milliards environ.

Le ratio dette sur PIB passera donc, en un an, à 1,2% - au lieu des 3% actuellement espérés cher Président.

Et, cerise sur le gâteau, l'Etat récupérera au passage 2,64 milliards d'euros de taxe (les 0,1%, souvenez-vous).

Il en coûtera au propriétaire de chien trois cent trente euros par an, soit un homéopathique vingt-sept euros cinquante par mois - en vertu du caractère croisé-compensé du dispositif, qui ne laisse réellement à la charge des maîtres contribuants-contribuables, que l'impôt de 0,1%.

Vous avez bien entendu immédiatement compris, cher Président, tout le parti qu'il est possible de tirer d'un tel dispositif croisé-compensé-obligatoire : il est quasi illimité. Nous n'avons d'ailleurs introduit l'impôt de 0,1% que pour ne pas vous froisser, vous si merveilleusement socialiste de partout : la promenade de chien n'étant guère délocalisable, gageons qu'il vous sera possible de l'exonérer purement et simplement sans que les hystériques Bruxellois y voient à redire. Ainsi la chose deviendra-t-elle totalement transparente aux finances de vos électeurs, sans le moindre préjudice quant au ratio.

Ratio dont vous deviendrez le maître absolu du jour au lendemain. Si vous souhaitez le voir à 0,12% plutôt qu'à 1,2%, il vous suffira, ô généreux dispensateur de retraites anticipées, de faire passer le coût d'une promenade forfaitaire de mille euros à dix-mille euros (à vue de nez) : compensé-croisé, tout le monde s'en fout !

Et la chose fonctionne tout aussi bien avec la tonte des pelouses de jardin, les gardes d'enfants, etc. Il est donc possible, par la diversification, d'éviter l'écueil de la fatale discrimination (à l'encontre des propriétaires de chien).

Nous ne demandons aucun droit d'auteur pour cette trouvaille, qui se situe pourtant, sur l'échelle des apports à l'humanité, entre la découverte de la roue et celle de la pénicilline.

Nous faisons cela pour la France, Monsieur le Président.

Bien à vous,

Robert Willard
le 01/08/12

Partager cet article

Repost 0
Published by Robert Willard
commenter cet article

commentaires