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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 13:06

20 milliards par-ci, 10 milliards par là... Peut-être un peu plus, ou un peu moins.

C'est la valse des milliards, cher lecteur. Le milliards est devenue l'unité de compte, désormais. Comme en astronomie.

D'ailleurs la similitude devient de plus en plus frappante entre un économiste discourant de la crise, et un astronome expliquant le Big Bang. Tous deux parlent péremptoirement de choses invérifiables, tous deux aiment vous entraîner dans des lointains nébuleux, gazeux et flous, où l'on peut soutenir tout et son contraire. Et surtout, tous deux adorent vous saouler de chiffres monstrueux (on dit aussi astronomiques) - avec toujours cet air stupidement fier, comme si le gigantisme qu'ils évoquent leur devait quelque chose.

Et ils remplissent leur discours de milliards comme on envoie de l'air dans une baudruche - c'est tout ce qui le fait tenir debout.

20 milliards par-ci, 10 milliards par là... Sûrement un peu plus.

Car ces sommes sont calculées sur la base d'hypothèses de croissance dont on sait déjà qu'elles sont farfelues, et d'hypothèses de taux d'intérêts (auxquels la France peut emprunter sur les marchés financiers), sur lesquelles il convient d'être extrêmement circonspect.

La France emprunte présentement à des taux qui ne reflètent pas l'appréciation réelle des marchés financiers (environ 2,5% pour le "10 ans"). Vous avez pu lire récemment que sur des échéances courtes, ils étaient même négatifs.

En fait, ces taux bas sont dûs pour une partie non négligeable à l'intervention de la Banque Nationale Suisse (BNS), qui, en achetant de la dette souveraine libellée en euros, maintient une pression baissière sur sa propre devise, le Franc Suisse (relativement à l'euro, donc).

Oui, c'est une donnée peu relayée sur les chaînes généralistes, car plutôt technique et franchement pas télégénique - mais qu'il faut tout de même bien connaître, cher lecteur, nous parlons ici de la vraie vie, pas du Big Bang, n'est-ce pas - et donc dans la vraie vie, le Franc Suisse a connu une grosse flambée avec la crise, car il est considéré comme une valeur refuge. Mais le Franc Suisse trop fort n'est pas bon pour les exportations suisses. Donc le gouvernement Suisse a annoncé que désormais, fini les conneries, la BNS interviendrait systématiquement sur les marchés pour maintenir le ratio Euro/Franc suisse au dessus de la barre de 1,20.

Et donc la Suisse achète de la dette en euro, principalement allemande et française. Et en quantité suffisante pour influencer sensiblement les taux d'intérêts - à la baisse (plus la dette est demandée, plus son rendement est faible), de notre dette nationale. 

Cette intervention fausse le marché de la dette
, car la motivation n'en est pas tant la qualité de la dette française et l'attrait qu'elle exerce, que la nécessité pour la Suisse de soutenir l'euro relativement à sa monnaie.

Chose qui ne va pas durer ad vitam aeternam bien évidemment. Le jour où cela prendra fin, en tout cas à cette échelle, nos taux d'intérêts remonteront.

Dans quelle mesure cela est-il intégré aux hypothèses ayant présidées à l'établissement de notre besoin en financement (les fameux 30 milliards) ? Mystère et fromage mou !

20 milliards par-ci, 10 milliards par là...

Robert Willard
le 29/09/2012

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Published by Robert Willard
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