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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 14:40

Bonjour cher lecteur,

Des nouvelles de notre ami Fransesco (Schettino, le commandant du Concordia) - plus exactement, une info intéressante que nous avons glanée. D'après une ancienne hôtesse ayant officié sur des paquebots du type Concordia, il est possible qu'il y ait eu des négligences dans l'information des passagers quant aux consignes à suivre en cas de problème : mais, selon son expérience, il est plus probable que ces consignes aient bien été données, mais que les passagers n'en aient strictement rien eu à foutre. Peu se rendent à la convocation pour information, dit-elle. Et ceux qui y vont, oublient les consignes, aussitôt entendues.

C'est assez plausible, il faut le reconnaître. On n'imagine pas une armée de 4500 croisièristes low-cost, au garde-à-vous, écoutant religieusement la déclinaison en cinq langues de procédures chiantes, se rapportant à une situation hautement calamiteuse qu'ils n'ont aucune envie de seulement envisager. Ils sont venus là pour bâfrer, siffler des cocktails, se dorer la pilule au bord de la piscine et photographier des dauphins bondissant gracieusement autour du navire, pas pour apprendre à survivre à un éventrement du barlut sur un récif ou à l'explosion de la salle des machines.

Cette même ancienne hôtesse nous apprend que dans certains exercices d'évacuation, le protocole prévoit la présence du commandant à bord d'une chaloupe, donc à l'extérieur du navire, pour coordonner plus efficacement les opérations. Nous ne savons pas ce que vaut le témoignage de cette personne. Mais il a le mérite de relativiser la responsabilité de la compagnie, et d'amener à considérer autrement, peut-être, l'"abandon" de son bâtiment par Fransesco.

A suivre...

Rien à propos de l'intervention de Sarkozy : les mesures de "bon sens", c'est bien ; si tard, c'est con.

Nous préférons vous parler de la Syrie.

Il s'y passe des choses vraiment étonnantes. La mission d'observation déléguée par la Ligue Arabe est ajournée, en raison de "la grave détérioration de la situation [...] et du recours continu à la violence" d'après le n°1 de la Ligue, Nabil Al-Arabi. Il y a de quoi être un peu dérouté par cette explication, dans la mesure où, nous avait-il semblé, c'était précisément ce "recours continu à la violence" qui avait motivé cette mission.

Et l'on s'enfonce encore un peu plus dans la perplexité  à la lecture de Georges Malbrunot, spécialiste de l'Orient au Figaro : on y apprend que l'"insurrection armée" fait quasiment jeu égal avec les forces de Bachar, auxquelles elle livre de sanglants combats de rue. Il y a quelques semaines à peine, rappelez-vous, il n'était question que de "manifestants pacifiques" honteusement massacrés par les sbires assadistes, tombant sous les balles des mitrailleuses et des fusils à lunettes des snippers. Aujourd'hui, le pouvoir en place doit mobiliser "toute sa puissance" pour contenir l' "Armée Syrienne Libre".

On ne peut qu'être admiratif devant la rapidité et l'efficacité avec lesquelles de pacifiques manifestants hachés menus par une épouvantable répression, se sont organisés en une "armée libre" capable de tenir tête aux troupes régulières.

On peut aussi se poser des questions et lire ce qui se dit d'autre à propos de ce conflit. Ici, par exemple.

Nous finirons sur cette blague, que nous trouvons excellente : "Ben Ali, Moubarak, Kadhafi, Bashar el-Assad et les islamistes sont sur un bateau. Ben Ali, Moubarak, Kadhafi et Bashar el-Assad tombent à l'eau : qui reste-t-il ?"

Robert Willard
le 30/01/12

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Published by Robert Willard
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commentaires

Robert Willard 03/02/2012 13:27

@Henri : Malbrunot semble avoir un problème de timing dans ses infos, qui arrivent tardivement. Ce qui revient, en effet, à une forme de désinformation.

Henri 31/01/2012 08:20

Georges Malbrunot a bien dénoncé l'infiltration islamiste dans l'insurrection. Vous semblez dire qu'il désinforme ?