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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 11:04

Bonjour cher lecteur,

"J'espère qu'il ne va pas encore nous parler de Giscard !", pensez vous probablement. 

Hélas ! Giscard ne peut davantage s'éviter lorsque l'on parle de l'Europe, que le moucheron venant s'écraser sur notre pare-brise lorsque nous roulons en voiture.

Et nous voulons parler de l'Europe. Mais rassurez-vous : nous serons bref en ce qui concerne Valéry.

Vous l'avez peut-être vu l'autre jour sur le plateau du Grand Journal de Canal+. Plus toutankamonesque que jamais, il a réussi la performance de combiner complet ridicule - lors d'une pathétique et tremblotante démonstration d'accordéon réclamée par la présentatrice météo - et abject cynisme - quand il nous a révélé que les déboires de l'Europe étaient dûs aux "manipulations des banques américaines" et d'"officines" anonymes.

Cynisme "double épaisseur", dirions-nous en référence à ce que vous savez, puisque cet infatigable nuisible a lui-même en son temps vendu à ces banques la dette nationale, pour notre ruine présente ; et très largement contribué à fabriquer l'invraisemblable foutoir européen, dont la défaillance doit tout, ou presque, à ses défauts de conception, et n'a nul besoin de l'action souterraine d'"officines" pour se casser la figure.

L'actualité ne nous épargna rien en matière d'interventions ubuesques puisque, après Giscard à Canal+, nous avons eu Timothy Geithner à l'Elysée, venu prodiguer conseils et encouragements à Nicolas Sarkozy pour résoudre au plus vite la crise européenne - une espèce de séance de coaching transatlantique avant le très attendu sommet européen.

Tim est le Secrétaire au Trésor des Etats-Unis - c'est-à-dire probablement le dernier homme sur la Terre dont nous devrions attendre de bons conseils pour nous extraire du pétrin.

D'abord parce que depuis toujours les Américains ont souhaité que "l'Europe se fasse, mais mal" : juste assez bien pour acheter et investir aux Etats-Unis, et suffisamment mal pour ne pas être une menace en terme d'hégémonie. Et Dieu seul sait où ils ont placé le curseur.

Ensuite, parce que Tim, c'est Tim : le type qui était le patron de la FED de New-York, la plus importante des douze banques composant le réseau régional de la FED, de 2003 à 2009 - et qui, du haut de ce poste d'observation incomparable, soit n'a pas vu venir la crise (ce qui en ferait un incompétent) soit l'a laissé venir (ce qui en ferait une canaille).

Robert Willard
le 08/12/11

 

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Published by Robert Willard - dans Europe
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